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Saint-Pierre-ès-liens

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  • 12 octobre 2007
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SAINT PIERRE ES LIENS
Fête : le 1er août


Voici la Légende de la fête au Bréviaire Romain.

Au temps de l’empire de Théodose le jeune, Eudoxie son épouse vint à Jérusalem pour accomplir un vœu ; elle y fut comblée de nombreux présents, dont le principal consistait en une chaîne de fer ornée d’or et de pierreries, qu’on assurait être celle dont l’Apôtre Pierre avait été lié par Hérode. L’impératrice, l’ayant pieusement vénérée, l’envoya ensuite à Rome à sa fille Eudoxie qui l’apporta au Souverain Pontife ; celui-ci à son tour lui montra une autre chaîne dont le même Apôtre avait été chargé sous Néron.


Comme donc le Pontife comparait la chaîne romaine avec celle qu’on avait apportée de Jérusalem, il arriva qu’elles se joignirent entre elles de telle sorte qu’elles parurent, non pas deux, mais une seule chaîne faite par le même ouvrier. Ce miracle fut pour ces liens sacrés le point de départ des plus grands honneurs ; sous le nom de Saint-Pierre-ès-liens du titre d’Eudoxie, on fit sur l’Esquilin la dédicace d’une église dont la fête anniversaire fut établie aux calendes d’août.

De ce moment les solennités profanes des Gentils que l’on continuait de célébrera ce jour, cédèrent devant l’hommage rendu aux chaînes de Pierre. Le contact de ces chaînes guérissait les malades et chassait les démons. Ainsi arriva-t-il que, l’an du salut neuf cent soixante-neuf, un certain comte, familier de l’empereur Othon, possédé par l’esprit immonde, se déchirait de ses propres dents ; conduit par ordre de l’empereur au Pontife Jean, à peine la chaîne sacrée eut-elle touché son cou, que le malin esprit s’échappant le laissa délivré. En suite de quoi, la dévotion des saints liens se répandit dans Rome.

« Mets tes pieds dans les fers de la Sagesse, et ton cou dans ses chaînes,disait prophétiquement l’Esprit sous l’ancienne alliance ; ne te lasse point de ses liens : car à la fin elle te sera repos et joie, et ses entraves seront pour toi une protection puissante, et ses colliers un glorieux ornementât ses liens le salut (1). » Et la Sagesse incarnée vous appliquant l’oracle elle-même, ô Prince des Apôtres, annonçait qu’en témoignage de votre amour, un jour viendrait où vous connaîtriez en effet la contrainte et les liens (2). L’épreuve, ô Pierre, a été convaincante pour cette Sagesse éternelle qui proportionne ses exigences à la mesure de son propre amour (3). Mais vous aussi l’avez trouvée fidèle : aux jours du redoutable combat où elle voulut montrer sa puissance en votre faiblesse, elle ne vous abandonna point dans les fers (4) ; c’ost dans ses bras que vous dormiez d’un sommeil si calme en la prison d’Hérode (5) ; descendue avec vous dans la fosse de Néron (6), elle vous y tint fidèle compagnie jusqu’à l’heure où, soumettant à l’opprimé les persécuteurs mêmes, elle mit le sceptre en vos mains et sur votre front la triple couronne.

Du trône où vous siégez avec l’Homme-Dieu dans les cieux (7) comme vous l’avez suivi ici-bas dans l’épreuve et l’angoisse (8), déliez nos liens qui n’ont rien, hélas ! de la gloire des vôtres : brisez ces fers du péché qui nous rivent à Satan, ces attaches de toutes les passions qui nous empêchent de prendra vers Dieu notre essor. Le monde, plus que jamais esclave dans l’engouement de ses fausses libertés qui lui font oublier la seule vraie, a plus besoin d’affranchissement qu’au temps des Césars païens : vous qui seul pouvez l’être, une fois de plus soyez son libérateur. Que Rome surtout, tombée plus bas parce qu’elle a été précipitée de plus haut, éprouve à nouveau la vertu d’émancipation qui réside en vos chaînes ; elles sont devenues pour ses fidèles un signe de ralliement dans les dernières épreuves (1) ; vérifiez la parole qui fut dite par ses poètes autrefois, qu’« entourée de ces liens elle serait toujours libre ».

Aout resplendit des feux de la plus brillante des constellations qui soit au Cycle sacré. Déjà au sixième siècle, le deuxième concile de Tours observait que les fêtes des Saints remplissaient sa durée (3). Mes délices sont d’être avec les enfants des hommes (4) disait la Sagesse ; il semble que dans le mois où retentissent ses enseignements, elle ait mis sa gloire à s’entourer des hommes bienheureux (5) qui, marchant avec elle par le milieu des sentiers de la justice (6), ont trouvé en la trouvant elle-même la vie et le salut qui vient du Seigneur (7). Noble cour, présidée par la Reine de toute grâce dont le triomphe, consacrant le milieu de ce mois, appelait sur lui les prédilections de cette Sagesse du Père qui ne s’est plus séparée de Marie depuis qu’elle en a fait son trône.

Quelle effusion des divines faveurs l’opulence des jours que nous allons traverser promet à nos âmes ! Jamais les greniers du Père de famille ne s’enrichirent plus qu’en ce temps de maturité pour les moissons de la terre et pour celle des cieux.

Tandis qu’ici-bas l’Eglise, inaugurant ces jours bénis, se pare de la chaîne de Pierre comme de son joyau le plus précieux, pour la troisième fois le septénaire brille au ciel. Dans l’arène sanglante, les sept Frères Machabées ont précédé les fils de Symphorose et de Félicité ; ils ont suivi la Sagesse avant qu’elle eût manifesté dans la chair ses attraits divins. La cause sacrée dont ils furent les athlètes, leur force d’âme dans les tourments, leurs sublimes réponses aux bourreaux, offrirent à tel point le type reproduit depuis par tous les Martyrs, qu’on vit les Pères, aux premiers siècles de l’Eglise chrétienne, revendiquer pour elle tout d’une voix ces héros de la synagogue qui n’avaient puisé leur courage que dans la foi au Christ attendu. Seuls aussi, de tous les saints personnages de l’ancienne alliance, ils trouvèrent place pour cette raison au Cycle chrétien ; tous les martyrologes, les fastes de l’Orient comme de l’Occident, attestent l’universalité de leur culte ; et telle est son antiquité que, dans la basilique Eudoxienne qui garde également à Rome leurs restes précieux, elle le dispute à l’antiquité même du culte rendu aux liens sacrés du Prince des Apôtres.

Au temps où dans l’espoir d’une résurrection meilleure (1), ils refusaient sous l’assaut des tourments de racheter leur vie, d’autres héros du même sang, s’inspirant d’une même foi, couraient aux armes et délivraient leur pays d’une crise terrible. Plusieurs enfants d’Israël, oublieux des traditions de leur peuple, avaient ambitionné pour lui les mœurs des nations étrangères ; et le Seigneur, pour châtiment, avait laissé peser de tout son poids sur la Judée le joug de législation profane qu’elle avait commis la faute de se laisser imposer (1). Mais lorsque le roi d’alors, Antiochus, exploitant la trahison de quelques-uns, l’insouciance du grand nombre, prétendit par ses ordonnances éliminer la divine loi qui seule donne à l’homme autorité sur l’homme, Israël, réveillé soudain, opposa au tyran la réaction simultanée de la révolte et du martyre. Judas Machabée, en d’immortels combats, revendiquait pour Dieu la terre de son héritage (2) ; tandis que parla vertu de leur généreuse confession, les sept Frères, émules de sa gloire, sauvaient eux aussi la loi, comme dit l’Ecriture, de l’asservissement des nations et des rois (3). Bientôt demandant grâce sous la main du Seigneur Dieu sans pouvoir l’obtenir (4), Antiochus mourait dévoré des vers comme plus tard devaient aussi mourir le premier persécuteur des chrétiens et le dernier, Hérode Agrippa et Galère Maximien.

L’Esprit-Saint, qui se réservait de transmettre lui-même à la postérité les Actes du protomartyr de la loi nouvelle, n’a point fait autrement pour la passion des glorieux précurseurs d’Etienne aux siècles de l’attente. Au reste, c’était bien lui déjà qui, comme sous la loi d’amour (5), inspirait paroles aussi bien que courage aux vaillants frères, à cette mère plus admirable encore qui, devant ses sept fils livrés l’un après l’autre à d’effroyables tortures, ne trouvait pour chacun d’eux que des exhortations brûlantes à mourir. Entourée de leurs corps affreusement mutilés, elle se riait du tyran dont la fausse pitié voulait du moins qu’elle persuadât au plus jeune de sauver sa vie ; elle se penchait sur ce dernier survivant laissé encore à sa tendresse, et lui disait : « Mon fils, aie pitié de moi qui t’ai porté neuf mois dans mon sein, qui t’ai nourri trois ans de mon lait et élevé jusqu’à cet âge. Je t’en prie, mon enfant : regarde le ciel et la terre et tout ce qu’ils renferment ; comprends que tout cela, Dieu l’a fait de rien aussi bien que les hommes. Ne crains donc pas ce bourreau ; sois digne de tes frères, reçois comme eux la mort, afin que je te retrouve avec eux par la divine bonté qui doit me les rendre. » Et l’intrépide enfant courait dans son innocence au-devant des supplices ; et l’incomparable mère suivait ses fils.

ORAISON.
Que la couronne fraternelle de vos Martyrs, Seigneur, soit pour nous une cause d’allégresse, en procurant à notre foi l’accroissement des vertus et nous soutenant de leur multiple suffrage. Par Jésus-Christ.

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