Diocèse d’Aire-et-Dax
https://landes.catholique.fr/Le-quartier-du-Chateau-lou-Casteigt-de-Pouillon
        Le quartier du Château (lou Casteigt de Pouillon)

Le quartier du Château (lou Casteigt de Pouillon)

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • 23 mars 2014
  • réagir
  • 0 vote

A 900 mètres environ à l’est du centre du village de Pouillon, se trouve le quartier du Château, en gascon « lou Casteigt ». De château, il n’y en a pas et il n’y en a sans doute jamais eu.
Il s’agit de ce que l’on appelle un castrum, le « castrum polionis », comme le disent les textes du Moyen Age. Nous sommes à 900 m à l’est du centre du village, à une altitude de 76 m sur un promontoire naturel aménagé, de forme quadrangulaire, de 125 m x 100 m, qui domine de 40 m son pourtour, entouré de fossés de 6 m de large et 10 m de profondeur.


Peut-être les Gallo-Romains s’y sont-ils installés ; César désigne de tels ouvrages sous le nom d’oppida - pluriel d’oppidum - dans ses Commentaires de la guerre des Gaules. Mais on n’a aucune preuve certaine de cette occupation romaine à Pouillon.
Par contre, plusieurs textes du Moyen Age mentionnent ce castrum.
Le mariage d’Aliénor d’Aquitaine, en 1154, avec Henri II Plantagenêt a placé notre région sous la mouvance anglaise. C’est donc vers les Rôles Gascons , textes de l’administration anglaise relatifs à l’occupation de l’Aquitaine, que l’on se tourne pour trouver des documents intéressants sur ce Château de Pouillon :
• dans un texte de décembre 1254, le roi d’Angleterre Henri III demande que les fortifications de son château de Pouillon (« castrum nostrum Polionem ») soient renouvelées, les fossés curés, la clôture édifiée et que des habitants viennent le peupler.
• en octobre 1255, donc l’année suivante, il renouvelle ses recommandations.
• en Juillet 1287, Edouard 1er son successeur séjourne une nuit à Pouillon, au cours d’une visite d’inspection. Visiblement, les lettres de 1254 et 1255 relatives au peuplement et aux fortifications de cette forteresse n’avaient pas eu tous les résultats escomptés.
Le convoi du roi, c’était quelque chose ! il comprenait de 150 à 300 personnes de la Cour plus des hommes d’armes, des chevaux, des chariots, des charrettes et toutes sortes de bagages et même une ménagerie ; un lion du roi mangea un cheval à Oloron ! Il fallut plusieurs jours au convoi pour passer le Gave à Puyoo.
• En avril 1289, Edouard Ier adresse donc des instructions plus précises et plus autoritaires à Gaillard de Saint Martin, seigneur du Château de Saint Martin à Pouillon, pour qu’il fasse peupler le castrum. Une liste nominative désigne 66 individus et le nombre de lots que chacun doit occuper et fortifier dans le château. Certains auront deux emplacements, la plupart un seul ; trois sont réservés pour y construire une chapelle . Ainsi, 66 personnes sont désignées pour occuper 81 emplacements ! chacun devait être très restreint et contenir un simple réduit défensif. Chaque bénéficiaire devait payer un cens annuel de 50 sous morlans pour un lot.

• La bataille de Pouillon

A la fin de la guerre de Cent Ans (1337-1453), les Anglais furent chassés de France et un épisode de la reconquête, se serait déroulé dans ce quartier en 1450 : la bataille de Pouillon.
Gaston IV, comte de Foix, reconquit par ruse cette place pour le compte du roi de France Charles VIII. Ceci est raconté dans la chronique médiévale de Guillaume Lesueur. Gaston de Foix disposait d’un nombre de guerriers inférieur à celui des Anglais. Il envoya donc des soldats déguisés en valets voler les vaches qui paissaient dans le pâturage voisin du Château. Les Anglais voyant partir leurs biens, ouvrirent les portes du camp et s’élancèrent en grand nombre à la poursuite des voleurs qui attirèrent leurs poursuivants dans une embuscade tendue dans les bois. Pendant ce temps, avec le reste de ses hommes, Gaston IV de Foix s’engouffra par la porte ouverte et, après de durs combats, s’empara de la place. Tous les Anglais furent tués ou faits prisonniers ; seul, le commandant Augereau de St Pée parvint à s’échapper.

Le Château devint ensuite propriété du Roi de France, domaine de la Couronne. Les habitants de cette bourgade s’administraient eux-mêmes, en dehors de la Commune de Pouillon, et jouissaient de privilèges particuliers.
Il y avait au Château une chapelle dédiée à Ste Quitterie qui figure encore sur la carte de Cassini dressée au XVIII°s ; on n’a jamais su exactement où elle se trouvait. On sait que la cloche fut enlevée à la Révolution pour aller à la fonderie.
En 1854, la Commune fit démolir l’énorme portail et, avec les matériaux, construisit le pont sur l’Arrigan en contrebas (au lotissement de Lamothe).
Aujourd’hui, ce Château est un quartier bien tranquille et agréable que nous aimons parcourir lors des randonnées pédestres estivales.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Votre réaction

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.