Diocèse d’Aire-et-Dax
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Labastide Chalosse

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  • 6 juillet 2015
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LABASTIDE CHALOSSE est une des 34 communes françaises dont le nom commence par « labastide »,


LABASTIDE CHALOSSE est une des 34 communes françaises dont le nom commence par « labastide », auxquelles on peut ajouter un nombre à peu près égal de lieux-dits, hameaux et communes comprenant le mot « bastide ». On estime que 400 a 450 villes et villages sont des bastides en raison de l’origine de leur fondation et leur mode de construction.

Le mot « bastide » désignait au début du 13ème siècle une construction fortifiée puis prit le sens de peuplement et de communauté de territoire habité, doté d’un statut. Le roi cédait des terres pour que la population dispersée se regroupe afin de les mettre en valeur. Chaque famille recevait six hectares de terre ainsi qu’un hectare à défricher ; si elle en avait la capacité, à charge pour elle de construire sa maison à l’endroit désigné à l’intérieur de la future bastide. Ainsi la population pouvait se défendre contre les pillards. De son coté, le roi pouvait mieux contrôler ses sujets et percevoir l’impôt plus facilement. L’implantation se faisait sur des zones faciles à cultiver. Comme le but de l’installation n’était pas défensif, on en trouve beaucoup en plaine. Par la suite la population pouvait ériger des murs d’enceinte ou des fossés avec talus comme à Labastide Chalosse.

Le village s’étend sur 456 hectares et est divisé en trois zones :
- au nord, le plateau, en direction d’Hagetmau
- au sud, la vallée du Luy
- entre les deux, le secteur des coteaux où se trouvent les habitations.
L’altitude varie de 126 mètres au nord à 55m dans la vallée.

NOTRE HISTOIRE

Le village existait déjà au 9ème siècle, connu sous le nom de Chalosse. Il fut incendié par les vikings en 875, ceux -ci remontant très facilement les rivières avec leurs bateaux à fond plat.

LABASTIDE CHALOSSE fut créée par un édit d’EDOUARD II roi d’ANGLETERRE en 1340, le village portant alors le nom de LABASTIDE PONT LA REINE, nom qu’elle conserva jusqu’à la révolution en 1792. A sa création, le village est situé à la frontière du duché d’Aquitaine, alors anglais, et du royaume de Béarn et de Navarre. Le roi occupait ainsi le terrain et marquait ses possessions. Les bastides fondées par les anglais sont implantées près des frontières du duché de GUYENNE. D’après le livre rouge Ecclesia de Ponte Reginae, le village s’appelait « BASTIDA » ou « PONS REGINAE » par analogie avec PUENTA la REINA, ville d’Espagne car située comme elle sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle.
L’ acte de fondation est conservé à LONDRES.D’autres documents en latin se trouvent aux archives nationales a PARIS

Des fossés furent creusés, la terre servit à élever des talus d’environ quatre mètres de haut et cinq à six mètres de large qui délimitaient trois bandes de terre longues de 400 mètres pour une largeur totale de 220 mètres .Cette zone rectangulaire dessine le contour de la bastide, bien visible sur les photos satellites. L’église et le cimetière se trouvaient dans la partie boisée côté nord du rectangle.

Pendant les guerres de religion, Jeanne d’Albret et ses troupes se dirigeaient vers Lacrabe et Hagetmau. A la suite d’un incident, les habitants de LABASTIDE auraient coupé les queues des chevaux de la reine protestante. Furieuse, celle-ci aurait ordonné le pillage et la destruction du village. Ceci fut réalisé par les hommes du capitaine SENEGAS dans la première quinzaine de septembre 1569. L’église fut brulée, le village détruit. Dans la province, les protestants pillèrent ou brulèrent 234 églises et villages.

C’en était fini de la bastide. L’endroit choisi initialement pour sa construction était humide et insalubre. Très vite, des maisons furent édifiées sur les coteaux. La carte de CASSINI au 17ème siècle montre que si l’église fut reconstruite sur place, le village s’était déplacé sur les lignes de crête. Certaines maisons actuelles existaient déjà au début du règne de LOUIS XIV. Dans le rôle de la taille, impôt établi pour l’année 1765, nous retrouvons les mêmes noms de maisons qu’en 1970.

LA NOUVELLE EGLISE

Vers 1868, le Conseil Municipal décida de transférer l’église en très mauvais état dans un endroit plus sain, vers le centre du village. En effet, quand le LUY débordait l’eau pénétrait dans l’église. En toute saison, l’humidité empêchait les fidèles de s’agenouiller. De plus ,du fait de son isolement, les vases sacrés furent volés lors du carême de 1868. Cette décision créa une polémique dans le village et divisa la population. Le sieur PASSICOUSSET, aubergiste à Conderine, à 300 mètres de l’église s’y opposa fortement. Il trouvait l’église en très bon état. Nouvelle église signifiait pour lui fuite des fidèles et perte de recette (Anecdote : vers 1840, le maire lui ordonna de faire cesser les cris et les chants qui troublaient le calme pendant les offices et le menaça de fermer son établissement). Le sieur LARMANDIEU de Mouret offrait lui un terrain à coté de l’école-mairie situées à l’époque à l’emplacement de l’oratoire « mission de 1943 ».

Finalement en 1870, le Conseil Municipal prit la décision de construire l’église à l’emplacement actuel. Les pierres de l’ancien édifice furent réutilisées. Les fondations vidées sont visibles sur le site de la bastide. Dans le vieux cimetière, il reste quelques pierres tombales dont une discoïdale. La fin des travaux eut lieu en 1873. La petite cloche, datée de 1845, vient de l’ancienne église (parrain DARRACQ Bernard maire, marraine Laure LAFFITTE née Gaye). La grande cloche, endommagée, fut refondue en 1936. Une souscription fut ouverte pour son financement. La liste des donateurs se trouve dans les archives communales (parrain DELUX à Bernet, marraine Stéphanie LASSALLE). La première horloge fut offerte par Mme LAPEYRE à Lamariot.

Dans l’inventaire réalisé en 1905 lors de la séparation de l’Eglise et de
l’ETAT’ figure un calice offert par l’Empereur NAPOLEON III. Peut-être fut il donné avant sa chute, suite à la délibération décidant la construction de l’église ?
A la fin du 19ème siècle, les maires de Labastide, Argelos et Momuy organisèrent des « corvées » pour transporter la terre des talus-remparts qui servit à construire la digue sur laquelle passe le CD347 vers ARGELOS jusqu’au pont. L’eau n’a jamais submergé cette digue. Entre 1914 et 1918, des prisonniers allemands logés au château de Momuy ont extrait des pierres d’une carrière située derrière Conderine pour construire un pont sur le LUY en remplacement du pont de bois en très mauvais état.

A la mairie de Labastide, j’ai trouvé un arrêté du maire y limitant le passage à une charrette a la fois.

LA FONTAINE

La fontaine de Saint Pierre ou de Bouégos fut édifiée au 12ème siècle par Cazenave, artisan à Momuy. Sa signature est visible en haut à droite de la pierre. Elle représente Saint PIERRE coiffé de la tiare tendant une clé à une autre personne. Ses eaux favoriseraient la marche des enfants et des petits animaux. Les pèlerins en route vers COMPOSTELLE s’y arrêtaient pour tremper leurs jambes bien fatiguées par la longue route. La coutume voulait que l’on y jette une pièce. Un petit trésor y fut découvert, qui servit à payer les travaux de construction de l’église. La fontaine est bien située sur la commune de Labastide ainsi que l’indique le premier cadastre réalisé en 1830.

PLUS PRES DE NOUS

De nombreux artisans travaillaient dans la commune au siècle dernier : maçon, charpentier, forgeron, tailleur, tisserand, sabotier, trois meuniers, trois aubergistes, un épicier. Aujourd’hui, on trouve une entreprise de charpente, une de terrassement, un électricien et un infographiste.

Comme toute commune rurale, Labastide connut un fort exode au 19ème et 20ème siècles. La population est passée de 279 habitants en 1830 à 120 en 1980. Depuis ce chiffre est remonté aux environs de 160, avec un nombre supérieur d’habitations dans lesquelles ne vit qu’une seule génération. Quelques labastidiens ont émigré aux Amériques et se sont mariés là-bas. Certains sont revenus, fortune faite ou pas. L’un d’eux, parti en ARGENTINE au début du 20ème siècle, et en âge d’être mobilisé pendant la guerre fut déclaré insoumis et risquait d’être fusillé s’il rentrait en France. Il y a quelques années, ses descendants ont entrepris des recherches et contacté ses arrières-petits neveux qui habitent toujours Labastide.

Si Labastide fut « épargnée » avec quatre morts au combat en 14-18, deux soldats du village ont péri pendant la guerre de CRIMÉE et un pendant celle de 1870. Un autre fut capturé à DIEN BIEN PHU et mourut en captivité.

Durant mes mandats, j’ai reçu les actes de décès de nombreuses personnes nées à Labastide mais parties vivre ailleurs en France. En 1920, il y eut six naissances mais aucun ne resta au village.

Le village n’a plus d’école depuis 1973 mais trois furent construites. La première sous le premier empire ou la restauration, la seconde mairie-école en 1881, actuellement mairie. La troisième est devenue plus tard salle des fêtes mise à la disposition des associations et louée à ceux qui cherchent une salle pour leurs fêtes de famille.

Je remercie tous ceux qui par leurs recherches, leurs écrits, leurs récits m’ont aidé à rédiger ce texte en me donnant copie du résultat de leurs travaux.

MM les docteurs DUBEDAT et PEYRESBLANQUE.MM Jean DEMARSAN .
M DAUGUE de SAULT de NAVAILLES. Gabriel LAILHEUGUE, Mme Suzon LEGLISE, Mr LAFFARGUE de Labastide. Le bulletin de la SOCIETE de BORDA ,et tous ceux que l’ histoire de leur région et du village a intéressé.

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