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        La fontaine de Bidas à Pouillon

La fontaine de Bidas à Pouillon

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  • 21 mars 2014
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Au cœur de la Chalosse occidentale, à mi-chemin entre Mimbaste et Pouillon, sur le ruisseau dit « de la fontaine salée », coule la source de Bidas, lieu de promenade pittoresque pour les nombreux randonneurs empruntant le chemin creux qui y conduit.


Certes, quand on goûte l’eau pour la première fois, on lui trouve une saveur assez peu engageante, mais il faut savoir que cette fontaine a connu des heures plus glorieuses.
La tradition rapporte que l’eau de Bidas aurait figuré sur la table du Roi-Soleil à Versailles, apportée par Jean de MUGRON, époux de Marie de LUPPE ( famille installée au château de Lamothe de Pouillon), Commissaire Général à la Marine et Maître d’Hôtel de Louis XIV !
Dès le XVIII°siècle, la source de Bidas fait l’objet d’un certain nombre de mémoires reconnaissant ses qualités purgatives. Mais il faut attendre l’année 1905 pour obtenir l’autorisation d’exploiter la source, après réfection du captage. Deux frères, Paul et Emile WEIL-BRANDON créent l’année suivante une Société Anonyme pour l’Exploitation des Eaux Minérales Naturelles Purgatives de Bidas, au capital de 750000 francs, divisé en 1500 actions de 500 francs. Les statuts de la société précisent les vertus de ces eaux : « de tout temps dans le pays, on les a employées avec succès au traitement des maladies du foie et de l’estomac, contre la congestion du foie, prises en bains froids ou à la température ordonnée par le médecin ; elles ont également fait leurs preuves contre les affections du bassin chez la femme ». Ils indiquent un débit de 145000 litres par 24 heures, soit plus de 50 millions de litres par an ! Deux sources de bénéfices sont envisagées : la vente de l’eau en bouteilles en France, mais aussi en Angleterre et jusqu’en Amérique et la cure sur place. Une vente de deux millions de bouteilles est prévue dans un premier temps et ce chiffre doit être par la suite multiplié par quatre.
Après analyse, l’Académie de Médecine approuve cette initiative et le docteur Maurice DELMAS, médecin des thermes de Dax publie en 1906 un prospectus encourageant la consommation de l’eau de Bidas, dans lequel on trouve de savoureux passages comme celui-ci :
« Faites un effort d’imagination et transportez-vous par la pensée dans notre beau pays de la Chalosse, près de la source de Bidas, aux époques fatidiques (printemps et automne). Ce sont de longues caravanes qui défilent sous vos yeux : hommes et femmes, mus par les mêmes sentiments, se dirigent vers la source puis prennent un verre, puis deux, puis trois. Vous croyez que tout est fini ; non, pour eux la fête intestinale ne fait que commencer. Au lieu d’attendre un temps normal, en rêvant à des choses éthérées que l’effet viennent les rappeler à la réalité et à des occupations plus terre à terre (sans calembour), les pèlerins désirent un effet presque immédiat. Alors, ils repuisent à la source de nouveaux verres jusqu’à ce que l’eau qu’ils ont bue soit rendue en nature et aussi limpide que quand elle sort de la source….Puis, hommes et femmes, bien et dûment ‘ arrescas ‘, remontent dans leurs charrettes et retournent au pays, avec la satisfaction du devoir accompli et la liberté…des intestins ».
Il recommande l’Eau de Bidas pour les maladies du foie et de l’estomac, de l’intestin, l’appendicite, l’artériosclérose, les engorgements ganglionnaires, les affections de l’utérus, la congestion des ovaires et les hémorroïdes. Les étiquettes des bouteilles où figurent un échassier et une landaise reprennent fièrement les propriétés curatives de cette « eau chlorurée sodique sulfatée magnésienne, avec des slogans tels que « Bidas, l’eau idéale des constipés », « Bidas, trésor de l’intestin »…..
La mise en bouteilles et la commercialisation de l’eau commencent. Les premières années sont florissantes et les distinctions ne tardent pas : « Exposition de Bordeaux 1907, médaille d’argent ; Exposition de Londres 1907, Grand Prix, médaille d’or ».
Un plan mirobolant, réalisé par M. ORMIERES, architecte à Arcachon, prévoit un établissement thermal presque identique à celui de Chatelguyon. En attendant, on construit un bâtiment provisoire assez spacieux, avec salle de consommation et salle de bal où des musiciens amateurs viennent jouer le dimanche. L’inauguration de cet ensemble en bois couvert de tuiles a lieu en août 1907, immortalisée par une photo de l’époque montrant des dames élégantes sous leurs ombrelles.
La grandeur de Bidas dure jusqu’en 1910. Par la suite, des dissensions au sein du Conseil d’Administration et de mauvaises affaires font péricliter l’entreprise . En novembre 1913, un mystérieux incendie détruit la guinguette de fond en comble et met fin au rêve de voir une grande station thermale à Pouillon.
En tout cas, la sagesse populaire a conservé un dicton qui tend à prouver que l’eau de Bidas fait des centenaires :
« Aygue de Bidas buberas, cent ans biberas ! »
« Eau de Bidas tu boiras, cent ans tu vivras ! »

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