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          Éclairage des lieux de cultes

Éclairage des lieux de cultes

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  • 4 janvier 2009
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Article par Jean-bernard FAIVRE, Architecte des Bâtiments de France des Landes.

L’éclairage peut être liturgique, c’est à dire répondre d’abord à la fonction et à l’usage du lieu de culte. Ce n’est ni un terrain de sport qui demande un éclairage puissant sans zone d’ombre, ni une route à grande circulation, encore moins une salle des fêtes même si on y fait parfois des concerts. L’éclairage d’une église doit être le résultat d’un consensus entre celui d’un musée (œuvres particulières éclairées ; christ, tableau, etc...) et d’une salle de spectacle (dans le sens qu’il y a une participation de l’éclairage aux diverses phases d’une cérémonie). L’éclairage a un rôle important il peut éclairer trop, mal, ou pas assez.

L’éclaire doit participer, voire exacerber l’émotion du moment, il doit être en phase avec l’objet du rassemblement d’une communauté. On doit pouvoir éclairer différemment le lieu pour un baptême, ou un décès, à Pâques ou à Noël, quand l’assemblée est de dix personnes ou de 400 personnes.

L’éclairage doit pouvoir aussi être différent quand il n’y a pas d’office avec un point particulier sur les lieux de recueillement ou d’accueil (quand les églises sont ouvertes).

Il y a quatre éclairages à mon sens :
- le sanctuaire,
- le lieu de l’assemblée,
- le monument
- la sécurité et l’accueil.

Le sanctuaire : l’autel et l’ambon doivent avoir des éclairages distincts et pouvant être commandés séparément à la demande.
Le lieu de l’assemblée doit pouvoir permettre à toute heure et à toute personne de lire sans difficulté.
Le monument : quelques spots bien dirigés peuvent mettre en valeur l’architecture de l’édifice ou des objets mobiliers précis, mais ce dernier éclairage n’est pas une fonction prioritaire alors qu’en principe c’est souvent l’inverse qui est fait, on éclaire les voûtes de la nef en indirect et on s’en satisfait.
La sécurité et l’accueil. Ne pas oublier de permettre à l’organiste de rejoindre l’orgue et de pouvoir sortir de l’église en sécurité. Il en est de même pour certains sas d’entrée qui peuvent bénéficier de cellules éclairant le lieu dès l’arrivée d’une personne. Enfin pour la dernière personne qui quitte l’église qu’elle puisse par un va et vient éclairer son chemin jusqu’à la sortie. Les cellules photoélectriques qui permettent que tel ou tel lieu s’allume quand une personne approche ou rentre sont des solutions parfois intéressantes et qui font que l’édifice même vide est "habité" et "accueille". Certaines églises sur le chemin de St Jacques se servent de ce système pour éclairer une chapelle et guider le pèlerin au lieu de recueillement dés qu’il pénètre dans l’église.

La technologie aujourd’hui permet beaucoup de chose, c’est donc un travail de professionnel sur la base d’un programme. Evitons de gaspiller et de banaliser la lumière. Ce n’est pas à l’entreprise d’électricité d’étudier l’éclairage de l’église, mais à un ingénieur en éclairage (les architectes ne sont pas non plus forcément formés à étudier des éclairages, mais ils peuvent guider le parti et le programme avec la mairie et le desservant sur lequel va travailler l’ingénieur lumière). Ceci doit également se discuter au moment de l’étude préalable de la restauration de l’édifice afin que chaque tranche de travaux puisse permettre la mise en place progressive du nouvel éclairage (ce qui pose souvent problème c’est que l’éclairage n’est pas subventionné donc il est parfois étudié en fin de travaux alors qu’il doit l’être au début, pour que chaque tranche puissent prévoir le passage des câbles prévus à l’étude globale d’éclairage)

Les lustres, classiques ou modernes pour la nef et les bas cotés sont souvent plus intéressants que les spots (luminosité, ambiance mise en valeur de l’édifice et coût de fonctionnement) c’est souvent un mariage des deux types de matériels qui convient le mieux. Un variateur sur des lustres permet d’avoir trois niveaux d’intensités différents, un pour un éclairage doux avant la cérémonie ce qui permet d’arriver dans l’église de ce placer et de se préparer, le second que le prêtre allume pour l’office, le troisième mis en fonctionnement pour des moments ou on veut que l’édifice soit plus éclairé que la normale (Noël).

Reste l’éclairage extérieur qui doit aussi être étudié avec soin, en évitant les éclairages de sols au milieu des allées ou dans l’axe des portails d’entrée. Certaines communes ne souhaitent pas que les édifices soient éclairés tout le temps, et n’illuminent leurs églises que pour des moments particuliers, la fête du village, Noël, etc... Eviter de banaliser au profit d’évènements et donner un sens à l’éclairage, il doit servir et non s’imposer.

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