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    Christian Nascimento, ambassadeur de vérité

Christian Nascimento, ambassadeur de vérité

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  • 12 avril 2019
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Le lycée Jean Cassaigne accueillait lundi 8 avril, un journaliste congolais. Celui-ci, actuellement réfugié en France, a fui son pays où il est sérieusement menacé à cause d’articles réalisés pour dénoncer les dérives du gouvernement de Kabila fils. Retour sur une rencontre inédite et atypique entre deux mondes opposés mais à l’écoute l’un et l’autre.


Il est dix heures moins cinq. Quatre personnes font les cent pas dans la salle. Ils n’ont toujours pas reçu les vidéos, nécessaires pour le témoignage de Christian Nasciménto. Plusieurs appels sont passés à la Maison Des Journalistes. Le jeune congolais âgé de 32 ans, veut que les élèves voient, comme Saint Thomas, que ce qu’il dit est vrai.

Il veut que ces jeunes élèves de Première économique et sociale voient la réalité congolaise. Les derniers détails techniques sont presque réglés : et un peu plus de vingt élèves font leur entrée dans la salle de conférence. Ils ont un peu étudié la République Démocratique du Congo. Sa géographie, ses richesses, ses problématiques. Ils savent donc quel est le sujet et ont même préparé une petite liste de questions.

Christian Nascimento se présente et rentre directement dans le sujet. Pendant plus d’une heure et quart, il raconte son histoire dans un silence de cathédrale. Etonnant quand l’on sait que les élèves sont rarement attentifs plus de dix minutes. C’est que l’histoire est prenante. Christian a été plusieurs fois enfermé dans les geôles congolaises. Son matériel lui a été confisqué plusieurs fois. Mais malgré cela, il n’a pas hésité à continuer à couvrir les événements de son pays. Il rappelle souvent le rôle du journaliste, cet ambassadeur de vérité. Puis vient le moment des fameuses vidéos si longtemps attendues. La première est un reportage d’une télévision française. Il explique en quoi l’intérêt pour ce pays d’Afrique est si grand et a le mérite de poser le contexte géopolitique. C’est cependant la deuxième vidéo qui laisse bouche-bée. Elle montre les exactions du régime congolais : des cadavres qui s’empilent dans les rues ; ce frère dominicain qui tente au péril de sa vie de rentrer le corps d’une mère de famille dans son église ; des enfants mutilés de toute part. Le silence de cathédrale est troublé par les murmures d’effroi et de consternation des élèves et des accompagnateurs. Une violence difficilement supportable, mais qui montre la réalité qui devait être dénoncée par des journalistes comme Christian qui, au péril de leur vie, choisissent de révéler la vérité au monde. Dévoiler la vérité a cependant un prix : Christian est aujourd’hui réfugié, mais sa petite fille est toujours au Congo. Un prix lourd à payer pour un homme qui a simplement eu le souci de la vérité.

Christian Nascimento : L’Eglise joue aujourd’hui un rôle crucial dans le processus démocratique en République démocratique du Congo

« Aujourd’hui au Congo, les évêques sont des mentors de la population. Ils ont une responsabilité importante et ils sont maintenant l’arbitre et l’espoir de la population dans la crise actuelle, jouant un rôle de médiateurs entre l’Etat et la population. Même si les résultats des dernières élections sont plus que douteux, c’est quand même grâce à l’Eglise et à la Conférence Episcopale que nous avons eu avoir droit à des élections et à une alternance. Les évêques n’ont pas hésité à s’impliquer pour que cette alternance puisse avoir lieu. Aujourd’hui son rôle est de bannir ce système. Ils ont une liberté de parole que la population n’a pas. Mgr Fridolin Ambongo, nouvel archevêque coadjuteur de Kinshasa a été invité à Paris récemment. Il n’a pas hésité à redire ce qu’il avait déjà dit au Congo : que le président actuel n’avait pas gagné les élections. L’Eglise, même si elle a déjà beaucoup fait, considère qu’elle n’a cependant pas encore réussi son pari qui est de mettre à terre le sytème “Kabila”. Le régime actuel tente pourtant par tous les moyens de récupérer l’Eglise mais celle-ci se méfie. Avec ses nombreux prêtres postés partout à travers le pays, elle est en mesure de donner la température réelle de ce qui se passe partout. L’Eglise est donc parfaitement consciente que le président Kabila est peut-être parti, mais que son système est toujours en place. Elle lutte donc pour que ce système soit détruit et que la population congolaise puise vivre paisiblement comme les autres. L’Etat craint aujourd’hui l’Eglise catholique congolaise car il sait qu’elle est soutenue et écoutée par le monde entier.
C’est d’ailleurs elle qui a signalé à l’ONU les potentielles irrégularités lors du processus électoral. Et ils ont été écoutés, au vu des sanctions imposées à différentes hautes personnalités politiques du Congo. Ils n’ont pas hésité à monter au créneau face au monde entier pour dénoncer la situation ».

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