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INFORMATIONS POUR LE VOYAGE PAROISSIAL

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  • 18 avril 2017
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Informations sur St Bertrand de Comminges et Valcabrere



SAINT-BERTRAND-DE-COMMINGES
« On a dit qu’une simple visite à Saint-Bertrand était l’équivalent d’un long voyage, ou, mieux encore, un abrégé d’histoire de l’art.
Pour vous en convaincre : venez, voyez….vous serez conquis ! » (Henri SARRAMON)

Le pays de Saint-Bertrand-de-Comminges jouit d’un privilège exceptionnel : vingt siècles de civilisation romaine et chrétienne l’ont amené à être un lieu de pèlerinage et un extraordinaire foyer d’art et de culture.

La cathédrale Notre-Dame (ou Sainte Marie) en est la pièce maîtresse.
Plantée dans un décor pyrénéen, entourée de vieilles demeures et ceinturée de remparts abrupts, elle domine, à 515 mètres, le bassin de la Garonne.

Quelques points d’histoire
Si son histoire proprement dite commence avec Saint-Bertrand, il faut, pour appréhender ce « monument hors du commun », remonter bien loin dans le temps.

● En 72 av J.C en effet, au retour d’une campagne en Espagne, le général romain, Pompée, crée une ville nouvelle en utilisant les effectifs disponibles de son armée. On appelle les gens ainsi « rassemblés » les CONVENAE, les Convènes (d’où le nom de Comminges)

● LUGDUNUM CONVENARUM, la cité des Convènes, atteindra jusqu’à 30 000 habitants jusqu’à ce que les Vandales dévastent la ville basse en 409 ap J.C. La population se replie dans la partie haute de la ville.
En ces temps troublés, la Cité passe sous le contrôle des Francs et « une basilique
chrétienne » s’élève ensuite, signe de la vitalité de la communauté chrétienne d’alors.

585 ap J.C marque la destruction totale de la ville gallo-romaine par Gontran, roi de Bourgogne.

● Le site va demeurer désert pendant 500 ans, jusqu’à ce que Bertrand de l’Isle, chanoine de Toulouse, soit nommé évêque du diocèse rural de Comminges en 1073. Il va relever la cité des ruines et bâtir sur l’acropole une « cathédrale romane » et son cloître. Mort en 1123, il est canonisé en 1218 et son tombeau devient un centre de pèlerinage très fréquenté au Moyen-Age.
Ses successeurs continuent et amplifient son oeuvre, notamment les célèbres Bertrand de Goth (XIIIe) évêque, devenu premier pape en Avignon (Clément V) et l’évêque Jean de Mauléon (XVIe).
Pour honorer la mémoire et le rôle actif de Saint-Bertrand, la cité prendra le nom de Saint-Bertrand-de-Comminges.

Une structure originale
Une technique ingénieuse et fonctionnelle a permis d’abriter sous un toit commun trois
églises, d’époques, de styles, de constructions différents.

Une église romane, du XII e siècle, fondée par Saint-Bertrand, dont certaines parties ont été conservées :

- la tour-clocher :
il a fallu loger le clocher à l’intérieur de la nef romane par manque de place au dehors et
aussi en raison de la déclivité du terrain. Haut de 33 mètres, sa tête est coiffée d’un
triangle en forme de mitre. Le portail est surmonté d’un tympan roman figurant
l’Adoration des mages. Sur le linteau sont sculptés les 12 apôtres.

- le cloître :
bâti sur les remparts, il s’ouvre au sud de la cathédrale. Trois de ses galeries sont
romanes. A noter la disposition unique de la galerie sud qui s’ouvre sur la campagne
environnante, alors que les cloîtres romans sont clos des quatre côtés.

Une église gothique du XIV e siècle, conçue, voulue et financée par le pape Clément V.
L’ancien édifice roman est complètement transformé : une large voûte est construite à l’est, placée sur la nef primitive, les agrégeant en un vaisseau de type « gothique méridional ».
Nef unique, large de 16 mètres, culminant à 55 mètres et ornée de 11 chapelles.

- L’arrondi de l’abside est dessiné par 5 chapelles rayonnantes, de même forme, sauf la
chapelle Saint Barthélémy qui sert de sacristie. De là un escalier donne accès à l’ancienne
sacristie, en appendice de l’abside.
- 6 autres chapelles latérales sont disposées dans les espaces libres entre les contreforts extérieurs. A noter deux chapelles surélevées, en gothique flamboyant. Côté nord, la chapelle Notre-Dame avec sa voûte en palmier et le tombeau de l’évêque Hugues de Chatillon en marbre blanc ; coté sud, la chapelle sainte Marguerite, bâtie sur la galerie des tombeaux du cloître.
- Le mausolée de Saint-Bertrand
Au début du XVe siècle l’évêque Pierre de Foix fait élever un mausolée dans le chœur de la cathédrale pour recueillir les restes de Saint-Bertrand. La face tournée vers le chœur est percée d’une cavité contenant la châsse où repose le corps du saint.

Une église Renaissance du XVI e siècle due au fastueux évêque Jean de Mauléon « véritable église de bois dans une église de pierre ». Les boiseries du chœur sont l’un des plus purs joyaux de la Renaissance française. Ce dispositif, rectangulaire permettait aux moines de s’isoler du public pour l’office.
Il compte 66 stalles (38 hautes et 28 basses) disposées sur deux rangs.
Le travail du bois revêt toutes les formes et les sujets traités sont d’une très grande variété.
Au milieu d’une telle richesse, on retiendra :

- le trône épiscopal qui commence la rangée des hautes stalles côté épître. Sur le dossier, Saint-Bertrand et Saint-Jean Baptiste en marqueterie.

- L’arbre de Jessé à l’entrée du chœur représentant la généalogie du Christ et de sa mère et :

- la Vierge à l’Enfant qui lui fait face.

- Le jubé, séparant l’avant-nef du chœur, richement décoré.

- Le retable, au dessus du maître-autel, en bois sculpté, recouvert de peintures et dorures du XVIIIe siècle.

SAINT-JUST DE VALCABRERE
Un kilomètre à l’est de la Cathédrale de Saint-Bertrand s’élève la Basilique Saint-Just de Valcabrère.
De style roman, bâtie aux XIe et XIIe siècles, elle fut consacrée en 1200 par l’évêque Raimond- Arnaud de Labarthe. En atteste le document, accompagné de reliques, trouvé en 1885 par le curé de Valcabrère dans la maçonnerie de l’autel « ...consacré en l’honneur de Saint-Etienne et des Saints martyrs Just et Pasteur... », deux jeunes espagnols de 7 et 13 ans, martyrisés en 304 en Espagne, lors de la cruelle persécution sous Dioclétien. Leurs reliques furent ramenées de Narbonne en 789 par l’évêque de Comminges et déposés dans la chapelle de Valcabrère.

Description
A l’écart de la ville, son site fut, dès la plus haute antiquité, une zone d’inhumation et le maintien du cimetière autour de l’édifice actuel montre sa vocation : église funéraire, elle perpétue une tradition
– païenne puis chrétienne – remontant à l’époque romaine.

Le portail
Le portail donnant accès à l’église est placé au nord, au centre de la façade, très dépouillée, à part quelques fragments antiques réemployés. Il est surmonté d’un tympan où l’on peut voir un Christ assis, bénissant et tenant le Livre dans sa main gauche. Il est entouré des quatre évangélistes, reconnaissables à leurs symboles : Marc et Jean (le lion et l’aigle), Matthieu et Luc (l’homme et le boeuf).
De chaque côté du portail on trouve des statues-colonnes : 3 jeunes gens imberbes tenant un livre, il s’agit du diacre Saint-Etienne, de Saint-Just et Saint-Pasteur, les chapiteaux qui les surmontent racontent leur martyre. La quatrième statue représente une femme couronnée portant une croix : Sainte-Hélène.

L’intérieur
L’édifice se compose d’une nef divisée en quatre travées, qui se prolonge par un choeur en hémicycle, les absidioles communiquant avec lui par une petite porte et une fenêtre. La travée la plus orientale, près de l’entrée du choeur, porte le clocher.
Les deux bénitiers à l’entrée sont creusés dans des chapiteaux romains. Et de nombreuses pierres provenant de la cité des Convènes ont été réutilisées. Les colonnes et chapiteaux de la nef, de l’abside et des absidioles en sont des réemplois.

Conclusion
Bien des questions restent sans réponse, mais ce qui est certain, c’est que l’édifice de Saint-Just a tenu, durant l’épiscopat de Saint-Bertrand, une place spéciale. En témoignent les mentions de l’église dans « le Livre des Miracles de Saint-Bertrand » du notaire Vital. Nous sommes donc sûrs de marcher sur les traces de Saint-Bertrand quand nous nous rendons à Saint-Just.
La cathédrale de Saint-Bertrand de Comminges et la basilique Saint-Just de Valcabrère sont classées monuments historiques depuis 1840 et inscrites depuis 1998 au patrimoine mondial de l’UNESCO.

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