Diocèse d’Aire-et-Dax
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Saint Vincent de Paul

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  • 13 juillet 2008
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Saint Vincent de Paul

(1581 – 1660) est un géant de la charité. Sa vie est une synthèse de la prière et de l’action. Elle se résume en un triptyque :
- Une riche spiritualité propre à approfondir notre foi.
- Une vie toute donnée à Dieu et aux pauvres.
- Un amour profond pour le sacerdoce et la mission.

Car « l’Amour est inventif jusqu’à l’infini ! »

L’enfance et la jeunesse du Saint

Vincent naît à Pouy, à la ferme de « Ranquines » (Actuellement Berceau de St-Vincent-de-Paul - Landes), le 24 avril 1581. Il est le 3ème enfant de la famille Lepaul, une famille pauvre. Il est baptisé en l’église du village où son baptistère est pieusement conservé (Aujourd’hui St-Vincent-de-Paul – Bourg).
Dès sa 7ème année, Vincent, alors petit pâtre, est encouragé à passer son temps auprès de son oncle Maître Etienne Depaul, prieur de Puymartet (près de Gourbera, sur le chemin de Tours vers St-Jacques de Compostelle), afin de s’initier « au latin et à la langue de la ville ». Son oncle avait coutume de dire : « Les pauvres et les malheureux sont nos seigneurs et nos maîtres, chacun d’eux nous montre les plaies du crucifié ». C’est donc à l’hôpital prieuré de Puymartet que jaillit, à n’en pas douter, la première étincelle de la vocation future de notre saint landais !
De son pays et de sa jeunesse, Vincent dira :
- « Au pays dont je suis, on est nourri d’une petite graine appelée millet que l’on met cuire dans un pot… ».
- « Je suis fils d’un laboureur, qui ai gardé les pourceaux et les vaches et…cela n’est rien au prix de mon ignorance… ».
En 1595, Vincent quitte Pouy pour Dax où il séjourne chez M. de Comet, avocat à Dax et juge de Pouy ; il fait ses études au collège des Cordeliers. En 1597, Vincent commence ses études théologiques à l’Université de Toulouse et le 23 septembre 1600, il reçoit l’ordination sacerdotale des mains de Mgr François de Bourdeilles, évêque de Périgueux. Il n’a que 19 ans !

La vie et l’œuvre de Saint Vincent

Il est vain de vouloir énumérer tous les événements d’une vie aussi bien remplie, nous ne retiendrons donc que quelques dates phares :

- En 1613, Vincent entre, comme précepteur, dans l’illustre famille des Gondi.

- En 1617, Vincent rencontre la pauvreté spirituelle et matérielle et décide de changer de vie pour prendre le parti des pauvres. Devenu curé de Chatillon-les-Dombes (en Bresse), il y établit la première Confrérie de la Charité en déclarant : « J’ai voulu donner aux femmes un ministère dans l’Eglise, le ministère de la charité ». Ces « Charités » se multiplient rapidement. Elles sont devenues aujourd’hui les Équipes Saint-Vincent, formées de femmes bénévoles travaillant dans des actions de proximité, auprès de personnes en précarité pour les accompagner sur un chemin de réinsertion.

- En 1619, Vincent reçoit la charge d’aumônier réal des galères. Le traitement que subissent les galériens le révolte ; il réclame qu’on les traite comme des hommes, et lui-même leur montre respect et amitié ; beaucoup comprennent alors qu’ils sont aimés de Dieu, malgré leurs vols et leurs crimes.

- En 1625, Vincent signe le contrat de fondation de la Congrégation de la mission (Lazaristes). La société des prêtres et des frères (laïcs) de la mission a pour but essentiel de suivre le Christ, évangélisateur des pauvres. En lien avec le clergé diocésain, elle est présente à travers différentes formes d’évangélisation : les missions paroissiales itinérantes, la formation de ses futurs prêtres et les missions dans les pays pauvres. Du temps de Vincent, des missionnaires s’établissent à Tunis et Alger pour racheter les esclaves chrétiens, d’autres sont envoyés à Madagascar, puis la Congrégation s’établit en Pologne.

- En 1628, Vincent prêche aux Ordinands une retraite à la suite de laquelle il se consacrera activement à la formation du clergé. Ainsi rassemble-t-il et forme t-il des prêtres avec l’aide de Mr Olier, dans des écoles appelées « séminaires ». Il organise ensuite les conférences des mardis où se retrouve régulièrement l’élite du clergé de son temps.

- En 1633, Vincent et Louise de Marillac fondent la Compagnie des Filles de la Charité : elle réunit des servantes des pauvres « toutes données à Dieu pour le service corporel et spirituel des pauvres » ; 6 ans après, il envoie les Filles de la Charité à l’hôpital d’Angers et organise les secours en faveur de la Lorraine ravagée par la guerre.

- En 1638, Vincent prend en main l’œuvre des enfants trouvés.

- Puis, jusqu’à ce qu’il s’éteigne, épuisé, le 27 septembre 1660 à l’aube, on le voit partout, y compris auprès des grands de ce monde, toujours au service de la paix : Richelieu, dont il est membre du « Conseil de Conscience », la Reine Anne d’Autriche, Mazarin…Louise de Marillac le précéda de quelques mois dans la mort.
Les restes du corps de Saint Vincent, canonisé en 1737, sont vénérés à Paris, en la chapelle des Lazaristes.

La spiritualité de Saint Vincent

Comment aborder la spiritualité de Vincent sans l’écouter lorsqu’il s’adresse :

Aux Sœurs :

  • Servant les pauvres, on sert Jésus Christ, O mes filles, que cela est vrai ! Vous servez Jésus Christ en la personne des pauvres. Et cela est aussi vrai que nous sommes ici.
    Une sœur ira dix fois par jour voir les malades et dix fois par jour elle y trouvera Dieu… Allez voir de pauvres forçats à la chaîne,
    Vous y trouverez Dieu ;
    Servez ces petits enfants,
    Vous y trouverez Dieu ;
    Vous allez en de pauvres maisons, mais
    Vous y trouverez Dieu.
  • Mes Filles, sachez que quand vous quitterez l’oraison et la messe pour le service des pauvres, vous n’y perdrez rien, puisque c’est aller à Dieu que servir les pauvres ; et vous devez regarder Dieu en leurs personnes.

Aux missionnaires :

  • Faisons les affaires de Dieu, il fera les nôtres.
  • Le grand besoin de l’église, c’est d’avoir des hommes évangéliques.
  • S’il s’en trouve parmi vous qui pensent qu’ils sont à la Mission pour évangéliser les pauvres et non pour les soulager, pour remédier à leurs besoins spirituels et non aux temporels, je réponds que nous les devons assister en toutes les manières, par nous et par autrui…Faire cela, c’est évangéliser par paroles et par œuvres, et c’est le plus parfait…
  • Nous sommes en cette vocation fort conformes à Notre-Seigneur Jésus Christ qui, ce semble, avoir fait son principal, en venant au monde, d’assister les pauvres et d’en prendre soin.
    Et si on demande à Notre-Seigneur :
    Qu’êtes-vous venu faire sur la terre ?
    Assister les pauvres.
    Autre chose ?
    Assister les pauvres.
    Et si l’on interrogeait un missionnaire, ne lui serait-ce pas un grand bonheur de pouvoir dire avec Notre-Seigneur : « Il m’a envoyé évangéliser les pauvres » ?
  • Ce qui me reste de l’expérience que j’en ai est le jugement que j’ai toujours fait que la vraie religion, Messieurs, la vraie religion est parmi les pauvres.

A chacun d’entre nous :

  • La Mère de Dieu étant invoquée et prise pour Patronne aux choses d’importance, il ne se peut que tout n’aille bien…
  • Nous vivons du patrimoine de Jésus-Christ, de la sueur des pauvres gens…J’ai souvent cette pensée qui me fait entrer en confusion : « Misérable, as-tu gagné le pain que tu vas manger, ce pain qui te vient du travail des pauvres ? »
  • Quoi ! être chrétien et voir son frère affligé sans pleurer avec lui, sans être malade avec lui, c’est être sans charité, c’est être chrétien en peinture….c’est être pire que les bêtes.
  • Il ne suffit pas d’aimer Dieu si mon prochain ne l’aime.
  • Aimons Dieu mes frères, aimons Dieu, mais
    que ce soit aux dépens de nos bras,
    que ce soit à la sueur de nos visages !

Un émule de Saint Vincent : Frédéric Ozanam (1813 – 1853)
Historien et essayiste catholique français, professeur à la Sorbonne, Frédéric Ozanam, fonda d’abord une petite société vouée au soulagement des pauvres, appelée conférence de la charité. Par la suite, la conférence se plaça sous le patronage de Saint Vincent de Paul.
Elle reçut alors l’aide de Sœur Rosalie Rendu, une Fille de la Charité, très active dans les quartiers pauvres de Paris.
Les conférences de Saint Vincent de Paul puis la Société de Saint-Vincent de Paul étaient nées.

La Société de Saint Vincent de Paul, est un mouvement composé uniquement de laïcs. Les religieux y sont cependant très présents. Totalement indépendante de l’Eglise catholique sur le plan hiérarchique, elle lui est cependant liée spirituellement.
D’elle émanent les Conférences, équipes locales s’appuyant la plupart du temps sur les paroisses ; elles sont accompagnées par un conseiller spirituel, prêtre, diacre ou religieuse.
Frédéric Ozanam décrit très clairement le but que lui et ses amis se donnent quand ils lancent la première conférence : « Le but de la Société est surtout de réchauffer et de répandre dans la jeunesse l’esprit du catholicisme : qu’à cette fin, l’assiduité aux séances, l’union d’intention et de prières sont indispensables, et que la visite des pauvres doit être le moyen et non le but de notre association ». Il y a là une approche de la charité différente de celle de notre bon Monsieur Vincent !
Frédéric Ozanam a été béatifié par Jean Paul II, le 22 août 1997 en la cathédrale Notre Dame de Paris, au cours des Journées Mondiales de la Jeunesse.

Et maintenant !
Saint Vincent reste très présent dans le monde grâce à la pérennité des mouvements et services d’Eglise qu’il a suscité. Mais il reste aussi un guide spirituel pour chacun d’entre nous. A ce sujet, nous ne saurions assez vous conseiller le petit livre : Prier 15 jours avec Saint Vincent de Paul, aux éditions « Nouvelle Cité ».
Il est de la plume de Jean Pierre Renouard, prêtre de la Mission (Lazariste) qui fut directeur du Centre Vincentien du Berceau de Saint Vincent de Paul.


« Ranquines »,
la maison natale de St Vincent de Paul,
aujourd’hui transformée en musée.

Le prêtre selon saint Vincent de Paul

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