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Saint Vincent

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  • 10 juin 2010
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SAINT VINCENT


  • Fête : le 22 janvier
  • Née à : à Huesca (Espagne) - fin du 3ème siècle
  • Meurt le : 22 janvier 304

    Histoire et martyr.
    Vincent est un saint célèbre, diacre et martyr du IVe siècle. En tant que diacre, il est le pendant hispanique de saint Laurent et de saint Étienne. On connaît la vie de Saint Vincent par le biais des écrits du poète Prudence (348-415). Son histoire est aussi racontée dans la Légende dorée, de Jacques de Voragine [1].

Saint Vincent est né en Espagne dans une famille noble à la fin du 3ème siècle, à Huesca, petite cité espagnole au pied des Pyrénées près de Saragosse. Très jeune, il devient diacre puis archidiacre à Saragosse. Il était chargé de l’administration des biens de l’église mais il prêchait aussi dans les lieux de culte à la place de l’évêque Valère de Saragosse. Ce dernier souffrant d’un défaut d’élocution, Vincent était devenu son représentant.


Lorsque vinrent les persécutions sous Dioclétien et Maximien, l’évêque et le diacre furent arrêtés et emprisonnés. Le procurateur Dacien les fit comparaitre, et Vincent prit la parole pour confesser leur foi commune. Dacien condamna alors Valère à l’exil et Vincent à la torture, en exemple.

Ce dernier conserva un calme inaltérable, se réjouissant même selon la Légende dorée, avant de mourir le 22 janvier 304. N’ayant pu le vaincre de son vivant, Dacien chercha à triompher de lui mort en exposant son corps en pleine campagne et en le livrant aux bêtes, mais un corbeau protégea sa dépouille. Dacien ordonna alors de lester le corps d’une pierre et de le jeter à la mer, mais il regagna le rivage plus vite que les marins qui avaient été chargés de cette tâche. Vincent apparut alors en vision à une dame, à qui il indiqua la position de sa dépouille.

Ses restes auraient pu, selon certaines sources, être transportés à Saint-Benoît-du-Castre en 855 et à Lisbonne en 1173. On raconte que durant ce dernier trajet, le navire les emportant aurait été escorté par deux corbeaux.

Culte et renommée.
Saint Vincent est nommé dans le canon romain de la messe et son culte est universel. Il est fêté le 22 janvier.

Une "passion" en prose raconte le martyre de saint Vincent ; elle est mentionnée par saint Augustin. On a plusieurs sermons anciens en l’honneur de ce martyr.

Saint Vincent est notamment célébré pour la première fois par une hymne de Prudence [2] dans son Peristephanon, "La couronne des martyrs". Il est également mentionné par saint Paulin de Nole et des poèmes lui ont été consacrés par Pierre Damien, Hildebert de Lavardin, Adam de Saint-Victor notamment.

Une relique (peut-être une étole) de saint Vincent fut rapportée d’Espagne en France, vers 543, par le roi mérovingien Childebert Ier à la suite d’une campagne au-delà des Pyrénées contre les Wisigoths. Il fit édifier une église, aux portes du Paris de l’époque, près de la voie romaine de Sèvres, pour l’honorer ainsi qu’une abbaye à proximité. Initialement dédiée à saint Vincent, l’abbaye prendra le nom d’un évêque qui l’administra, saint Germain, pour devenir l’abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

Le martyr devient patron des vignerons.
Selon certains, le choix des vignerons a été effectué ainsi parce que le mot "vin" se trouve dans le prénom du Saint. On a fait valoir également qu’une roue de pressoir avait été utilisée pour torturer Saint-Vincent (comme le supplice de la roue était d’ailleurs fort répandue). D’autres évoquent aussi l’activité du diacre qui, à l’autel, verse le vin dans le calice. D’autres encore estiment que le culte du saint s’est implanté d’abord en Bourgogne. Patron de cette région, il devint plus spécialement celui des vignerons bourguignons avant de rayonner en Champagne, les deux régions étant très proches et très liées.

Poème lyrique sur Saint Vincent
Enfin, on peut penser que les Champenois se sont déterminés en faveur de Saint-Vincent parce que le jour de sa fête se situe à une période propice : le 22 janvier, l’hiver est déjà bien engagé et a fait subir ses rigueurs, la vigne ne nécessite plus de soins, on ressent alors le besoin de se réunir, de se réconforter avant la reprise des premiers travaux viticoles, de taille en particulier.

Aucune de ces hypothèses n’a reçu de confirmation historique certaine et le mystère reste entier.

Le souvenir de son martyre se propagea dans tout le monde chrétien. En 542, le fils de Clovis, Childebert, rapporte de Saragosse la tunique de Vincent. Son culte, très populaire en Espagne, se répandit en France où il est devenu le patron des vignerons.

Le miracle de saint Vincent.
On lui attribue un miracle qui devait le consacrer protecteur des vignerons. C’est à la suite du geste qu’il fit en Espagne quand, pour démasquer un fraudeur, il sépara l’eau ajoutée, du vin naturel, en faisant couler le liquide sur sa tunique. Selon certains, le choix des vignerons a été effectué ainsi parce que le mot "VIN" se trouve dans le prénom du Saint On a fait valoir également qu’une roue de pressoir avait été utilisée pour torturer Saint-Vincent. D’autres évoquent aussi l’activité du diacre qui, à l’autel, verse le VIN, représentant le SANG, du Christ dans le calice. Certains célèbrent sa gloire par suite du calembour facile VIN-SANG ou Sent le Vin.

Chaque région viticole possède sa propre légende sur Saint Vincent. Et nombre de villages ont compté un Vincent dans leur population qui a rendu la vigne et les vignerons prospères. Bien entendu, la date de sa présence est oubliée ou fantaisiste.

Dans l’ensemble, il est dit que Vincent voyageait sur son âne, le long d’une route encadrée par des vignes. Vincent va s’allonger sous un arbre pour dormir. L’âne en profite pour manger quelques feuilles de vignes. Vincent et son âne sont chassés par les vignerons mécontents. Quelques mois plus tard, ceux-ci se rendent compte que les grappes sont plus fournies sur les pieds. Ne retrouvant pas le saint, ils décidèrent de lui rendre hommage chaque année…non pas au jour anniversaire de ce frugal repas, mais au jour de la Saint Vincent, en janvier, fête qui existait déjà. (Après le Déluge, Noé est le rénovateur de l’agriculture et le créateur de la viticulture. Il plante les premières vignes et est le premier homme à abuser de leur produit.)

Symboles et attributs.
Dans les régions vinicoles, il est représenté, comme saint Laurent, en costume de diacre, ayant pour attribut un lit de fer à pointes aigües, des ongles de fer, une meule. On le représente aussi portant un bateau, ceci rappelant qu’il fut embarqué pour être jeté au large. On le trouve souvent avec une serpette, un seau et des grappes de raisin, en sa qualité de patron des vignerons.

D’une manière générale, en iconographie, Vincent est représenté le plus souvent vêtu de l’aube et de la dalmatique propre à sa fonction ecclésiastique. Dans une main, il tient la palme du martyr et dans l’autre, soit un livre liturgique, soit des raisins en grappe ou sur pied. L’effigie est parfois accompagnée d’objets viticoles, panier de vendanges ou hoyau, vinaires, broc ou tonnelet.

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