Diocèse d’Aire-et-Dax
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        Sans attendre la prochaine crise

Sans attendre la prochaine crise

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  • 3 décembre 2009
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Notre groupe a pour mission d’aider les baptisés à vivre leur foi au milieu du quotidien. Nous n’avons pas la vérité sur les événements. Nous voulons seulement partager nos réflexions et questions dans l’espoir qu’elles rejoindront les vôtres, peut-être.

Novembre et Décembre ont été marqués en France par les grands mouvements sociaux que chacun a pu suivre, auxquels il a peut-être participé lui-même ou dont il a subi les effets comme des contraintes supplémentaires à une vie déjà dure.

1. Nous ne sommes pas « à l’abri »

Il est habituel de dire que les landais sont à l’abri. Notre première remarque est que ceci devient de plus en plus inexact. Les Landes sont moins directement et moins massivement frappées que les grandes villes mais nous constations, avant ces chocs nationaux, que nos petites villes, nos villages et nos familles étaient déjà l’écho des mêmes peurs et des mêmes incertitudes.

Chômage, insécurité, drogue, exclusion, précarité, suicides de jeunes, ne sont plus sur nos écrans mais « chez nous ». Angoisses sur les retraites, la Sécurité Sociale, le statut du salarié, les droits du travail ne sont plus seulement dans les journaux mais dans nos vies et nos familles. Interrogations et doutes sur les décisions et projets venus de Paris, de Bruxelles, de la Bourse ou de grands cerveaux anonymes se retrouvent aussi dans les conversations à Montfort, Dax ou Aire.

Quel secteur de la vie économique landaise peut encore se croire « à l’abri » des concurrences étrangères ? Surtout pas le bois, ni le foie gras, ni le thermalisme, ni l’agriculture, ni le tourisme.

2. Des visions différentes

Le libéralisme économique a terrassé son ennemi extérieur qu’était le communisme. Il n’a pas vaincu ses ennemis intérieurs que sont et restent l’injustice et l’exclusion. Pour des chrétiens, ces ennemis là sont intérieurs à l’homme lui-même et le combat est toujours à reprendre. Certains ont pensé lire ce combat en filigrane dans les événements de Décembre par-delà leur aspect parfois irrationnel. D’autres au contraire y ont vu du corporatisme et la révolte des nantis.

Il est vraisemblable en tout cas que ces peurs ne sont pas exorcisées par ces grèves, loin s’en faut. Ni par ce qu’elles ont ou n’ont pas obtenu. L’avenir de nos sociétés reste frappé d’incertitudes même pour des économistes qui pensaient hier encore avoir trouvé pour tous la conduite à tenir.

3. Une autre solidarité encore

Entre ce qui a été vu par les uns comme le retour attendu d’un combat pour l’homme et vu par les autres comme le scandale d’une défense d’avantages matériels face à trois millions de chômeurs, nous pensons que nous avons les uns et les autres à regarder avec beaucoup d’attention cette mondialisation des économies et des cultures. Elle a pris place dans les Landes comme ailleurs.

Elle a d’abord visage de concurrence. Elle n’a montré encore que ses premières approches. Aucune barrière syndicale, policière, douanière ni militaire n’empêchera les désavantagés des pays en développement de raboter nombre d’avantages matériels que nous avons d’ailleurs souvent acquis à leurs frais, au moins en partie..

La seule défense pacifique que nous puissions conduire sera de les aider à découvrir, eux-aussi, démocratie, justice économique et sociale, respect de l’homme et de ses droits. L’avenir de la planète ne passera pas forcément par le maintien du niveau de vie des occidentaux dont nous sommes, par contre, il passera chez d’autres et chez nous par plus de solidarité. Nous préparer activement à cela, c’est préparer l’avenir.

4. Espérer aussi en l’Homme

Le chemin intérieur, celui d’une vie spirituelle de chrétien, ne serait-il pas aujourd’hui d’apprendre d’avantage à vivre avec ces incertitudes, ces brouillards, ces peurs sociales et personnelles ? D’apprendre également à les relativiser et à les dépasser ?

Ne serait-il pas de nous engager pour défendre et promouvoir ce qui est humain : la personne et non l’argent, la vérité et non la magouille, le partage et non l’isolement, la solidarité et non le chacun pour soi. Cela se trouve, dans les Landes comme ailleurs.

Nous, baptisés, nous rencontre-t-on sur ces chemins là ? Ils ne sont ni de 68, ni de 81, ni de 95. Ils sont de 1996. Ils sont pour nous des jaillissements d’espérance. Celle que nous recevons de Jésus. Lui qui n’a jamais désespéré de l’homme. Lui qui a « aimé ce monde » tout en aimant Dieu son propre Père.

la CERCA
le 17 janvier 1996

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