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        RÉCONCILIER LE CŒUR ET LA RAISON

RÉCONCILIER LE CŒUR ET LA RAISON

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  • 3 décembre 2009
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DANS LA SOCIÉTÉ
ET DANS NOTRE FOI,
RÉCONCILIER LE CŒUR ET LA RAISON.

« Ce n’est pas raisonnable, et c’est pourtant si beau ! »
« On est tous contre, mais au fond de nous
on sait bien qu’il y a du vrai là dedans ! »

Il ne se passe pas une semaine ni même un jour sans que ne viennent à nous, individuellement ou dans nos groupes, équipes ou conseils, des sujets qui perturbent nos certitudes : l’avenir des Landes, le choc économique, notre place dans l’Europe, la pression de l’immigration, les variations du politique ou même le succès exceptionnel des "J.M.J." face au devenir de l’Église.

Alors tout se mêle, toute opinion semble ne valoir guère plus que son contraire. Se faire un jugement parait inaccessible. Dire ce que l’on pense conduit à affronter souvent la contradiction et sur tout. Affirmer qu’une entreprise ne pourra pas continuer longtemps à perdre de l’argent vous fera passer pour quelqu’un qui méprise les chômeurs. Dire qu’il fait bon vivre et travailler au pays landais vous donnera prestement un air de celui qui ignore tout du poids de l’international sur l’économie de la France et des-Landes.

Pas plus aujourd’hui qu’hier notre groupe de Réflexion Chrétienne sur l’Actualité ne prétend connaître la vérité pour les autres. Ce que nous proposons cette fois-ci ce sont quelques points d’attention qui nous semblent utiles face pratiquement à tous les sujets d’actualité dans la société comme dans l’Église. Non pas comme une clé qui ouvrirait toute les portes mais comme une clé qui nous paraît fort souvent oubliée sinon perdue ! Or elle ouvre l’autre moitié de la maison.

Il s’agit de repérer en nous et chez les autres ce qui relève du cœur mais aussi ce qui relève de la raison, d’analyser l’un et l’autre, de les peser et surtout de chercher à les relier, à les articuler.

Allons plus loin : il importe de faire de la place au cœur dans la raison et inversement. Sinon c’est l’être humain qui est mutilé dans son unité. L’avenir de l’humanité n’est pas un cerveau sans cœur ni un cœur écervelé.

Allons plus loin encore : qu’est-ce que Dieu veut nous dire par cette double présence en nous de l’eau et du feu, de tout ce qui s’explique si savamment et de tout ce qui a tant de mal à s’expliquer ? "Qu’est donc l’homme, Seigneur, pour que tu t’intéresses à lui ?" (Ps. 8, 5). Dans le fond, qu’est-ce qui fait l’humanité de l’homme et de la femme : la raison ? le cœur ? leur réconciliation ?

Et la foi, relève-t-elle du cœur ou de la raison ? Dans le charivari des opinions contradictoires en nos sociétés, par où la petite espérance va-t-elle trouver son chemin ?

Pour mieux suggérer ce travail d’analyse à faire pour soi-même et dans tous nos groupes ou conseils, nous avons choisi plusieurs réalités qui pèsent sur nos vies : l’Europe, l’économie, la politique, la communication, la pression née de l’urgence et enfin notre action d’évangélisation.

1. Sommes-nous citoyens landais ou citoyens européens ?

Plus de 150 entreprises des Landes travaillent dans l’import-export. Sept des plus grandes fonctionnent avec principalement du capital étranger investi "chez nous". Tourisme, agriculture et main d’œuvre saisonnière dépendent directement des Allemands, Anglais, Hollandais, Belges, Espagnols, Portugais, Italiens... Tel mercredi des Cendres, c’est toute une classe de catéchèse de la Haute Lande qui était partie en Angleterre. Tels jeunes courent au diplôme européen pendant que tels autres sont déjà partis chercher du travail à l’étranger. Et parfois plus loin qu’en Europe.

Les deux guerres mondiales sont nées en Europe et en ce siècle. Aujourd’hui l’Europe économique se fait à grands pas, l’Europe politique et sociale à petits pas. Dans les Landes comme ailleurs, banques et entreprises sont prêtes à "l’Euromonnaie" depuis des mois. Mais quel choc sur les esprits quand il va sortir dans nos mains ! Et quelle perturbation dans nos têtes si elles en sont encore aux anciens francs, après plus de trente-cinq ans !

Sommes-nous devant un rouleau compresseur ? Qu’allons-nous devenir ? Allons-nous disparaître ? Le foie gras va-t-il être interdit ainsi que les corridas ou encore la chasse ? Comment rester soi-même, dans un si grand courant ? Allons-nous perdre notre identité ? Autour de nous se côtoient le proche et le lointain, le local et l’international. Nous passons successivement par trois phases : l’ouverture au plus large, le reflux vers le plus proche, puis l’envie de vivre les deux à la fois. Ne sommes-nous pas déjà différents ? Sommes-nous d’accord ou non avec ce que nous devenons ?

Croyons-nous vraiment qu’une culture de folklore à base de courses landaises ou d’échassiers soit une réponse à l’impression grandissante que s’avance sur nous une sorte de culture mondiale à base de "jeans", de rock, de voyages, de manifestations musicales ou sportives et d’une communication par Internet chacun face à son écran ? Où est le réel, où est le fantasme ? Où est le rationnel, où est l’émotionnel ? Or le discours rationnel sur l’Europe tombe sur le terrain de nos émotions et de nos peurs.

1.1- Comment définirions-nous notre propre identité ? Que voudrait dire pour nous être européen être landais, être français ? Et être chrétien dans un monde qui se globalise ?

1.2- Comment Jésus le palestinien a-t-il pu être le frère universel ?

1.3- En toutes nos réponses aux questions précédentes cherchons a démêler la part du rationnel et celle de l’émotionnel. Cherchons ensuite à reconnaître et à dire la valeur dont nous affectons chacune des deux parts.

1.4- Dans un monde désormais sans frontières, mais hélas aussi sans repères, que devons-nous et que voulons-nous vivre et éventuellement transmettre comme heureux héritage de notre passé ? En quoi ceci serait-il utile dans notre propre relation à l’étranger et au lointain devenus proches ?

1.5- Le choc des générations est un choc d’identités : quelles sont les valeurs que nos enfants ont à nous passer ? En quoi et comment les accueillons-nous ?

1.6- En tant que chrétiens, à quels enracinements sommes-nous appelés ? à quels déracinements ?

1.7- En quoi tout ceci rejoint-il notre action pastorale de paroisse, de mouvement ou de service ?

2. Notre économie a-t-elle un sens ?

Une économie sans cœur a-t-elle un sens ? Une économie en faillite aura-t-elle longtemps du cœur ?

Les choix économiques qui ont des conséquences négatives sur les personnes et les familles, comme par exemple les licenciements, sont toujours justifiés par des explications rationnelles. Maintenir et entretenir plus de trois millions de chômeurs est-il rationnel dans une société qui se défait ?

Prôner la liberté absolue des forces de l’argent parce qu’elles sont forcément plus inventives est-il rationnel ou idéologique (c’est à dire selon un montage d’idées qui justifient la situation sociale d’un groupe) ? Prôner l’encadrement serré de l’activité économique par maintes contraintes législatives et administratives parce que ceci aide à une plus juste répartition des fruits, cela est-il rationnel ou idéologique ?

Le service de l’homme, par où passera-t-il : par une plus grande production de biens et de services ? Par une plus forte répartition des fruits de la productivité ? Par une autre organisation sociale ? Par une toute autre conception du travail et de l’emploi, mais laquelle ?

Jadis on jetait tout à la décharge, aujourd’hui on récupère et on évite de polluer. Demain probablement trouverons-nous illogique de "jeter trois millions de chômeurs" et de "polluer la société" par tant d’exclusion. Pour obtenir cette énorme transformation il y faudra sûrement une prise de conscience plus affective et émotionnelle que froide et rationnelle. Pour faire du neuf, nos sociétés passent par des crises. Les grands mouvements d’opinions sont toujours émotionnels. Comment vont-ils faire entendre leur raison ? La "Marche blanche" des Belges a dit la dignité d’un peuple face aux horreurs de la pédophilie et aux tragiques faiblesses de leur société. Il leur reste à trouver et à imposer de meilleures structures policières et judiciaires.

Les deux plus grandes chaînes de télévision nationale se présentent actuellement comme "au service d’une recherche du sens" enfin constatée chez le public : discours authentique ou discours commercial ? Responsables ou pas, les paparazzi qui pourchassaient Lady Diana se sont tous justifiés par l’existence d’un marché pour leurs photos (6,5 millions de francs en une nuit annoncés par un chef d’Agence). La drogue aussi a un marché mondial et qui dépasse le budget de nombreux pays. Ceci la justifie-t-elle ? Où est le rationnel et où est le camouflage ?

2.1- Devant un événement économique, local ou non, nos réactions premières disent déjà quelque chose de nous ... intérêts personnels, désir de partage, connaissances techniques, inquiétudes sur notre avenir ... Lorsque nous analysons de plus près cet événement, quelle part faisons-nous au rationnel ? Quelle part à l’émotionnel ? Où puisons-nous les éléments objectifs : constats vérifiés, chiffres, analyses des techniciens et des professionnels ? Après l’avoir exprimé, jusqu’où va notre analyse de l’émotionnel : craintes, humiliations, sentiment d’être atteint dans son identité, dans son univers symbolique, dans son être profond ?

2.2- Lorsque nos conditions de vie changent à cause de l’économie (déplacements quotidiens ou hebdomadaires, perte de salaire, augmentation, nouveau statut ... ) sommes-nous attentifs à ce qui se met à changer au fond de nous-mêmes : nouvelles façon de voir, de réagir, de penser et de sentir ? Comment évangéliser en nous cette nouvelle donne ? Avec qui en parlons-nous ?

2.3- À quelle action pastorale tout ceci nous invite-t-il ?

3. La politique est au carrefour de nos convictions et de nos fantasmes.

On entend souvent dire que la politique ne sert plus à rien. Face à l’économie, il ne lui resterait qu’un petit 10 % de pouvoir. Et pourtant quel impact sur nous tous ! L’électeur serait-il un chat qui dort ? Tout l’hiver, il affiche son désintérêt, et au printemps il vote, à presque 80 % . Rationnel ou émotionnel ? ou les deux ?

Un grand leader d’extrême droite énonce des énormités racistes sur l’insécurité et l’immigration, et il trouve 15 % de disciples, dont certains chrétiens, dans tel ou tel village landais qui n’a jamais vu d’étranger à sa porte. Émotionnel ou rationnel ? Des scientifiques présentent à la télévision le caractère erroné et mensonger de tant et tant d’affirmations de ce personnage et leur discours rationnel n’est pas. reçu parce qu’il tombe sur un autre terrain, celui de nos peurs, de nos fantasmes, de l’irrationnel en nous. Car celui-ci fait aussi partie de l’homme.

Là est d’ailleurs le piège fasciste et raciste qui fonctionna efficacement au profit des nazis en Allemagne et que seuls quelques rares chrétiens surent voir et dénoncer. Le piège nationaliste est le même. Il enferme les humains dans une fusion émotive qui les oppose à tout étranger au groupe. Sa violence se nourrit de cette identité affective et fermée. L’impasse apparaît trop tard. La Yougoslavie vient, hélas, de le prouver.

Un responsable politique doit être rationnel s’il veut servir utilement. le bien commun de la ville, du canton ou du pays. Mais son élection va dépendre de l’image qu’il donne ou qu’il se donne. Pour l’écarter, ses adversaires vont s’attacher à détruire son image, c’est à dire l’impression qu’il donne. Car chacun croira le connaître en n’ayant en réalité qu’un petit bout d’image de lui. Deux milliards et demi de téléspectateurs ont cru connaître "la princesse du peuple" décédée si jeune, car, entre autres motifs, son image les avait fait rêver de réussite et d’échec, d’amour et de déception, de don et de trahison, de richesse et de mort. Pendant une semaine chacun a pu secrètement se prendre pour elle.

Cette projection de nos propres désirs et craintes sur l’image de l’autre, mérite attention de notre part. Les grands emballements sont de puissants moteurs individuels et sociaux. Qui s’effondrent aussi en quelques jours. Ils font partie de l’humain et disent quelque chose du fond de notre être. L’identifier et l’ensemencer d’Évangile fait partie de la mission des baptisés.

3.1- Lorsque nous avons assez de courage et de respect de l’autre pour réfléchir dans nos propres groupes aux réalités politiques, quelle part faisons-nous aux faits vérifiés et quelle part aux images reçues et transmises ?

3.2- Dans le supermarché de nos inquiétudes sur la génétique, la pédophilie, le chômage, l’insécurité, l’immigration, les abus de biens sociaux, les impôts, etc. ... essayons-nous de repérer ce qui, peut-être, relève en nous des fantasmes et des peurs en le distinguant de ce qui relève de nos convictions, de nos valeurs de nos projets pour la société ?

Pour aussi utile qu’il soit, le rationnel ne fait souvent que reproduire à l’identique ce qui est, car il pense savoir déjà la solution. L’imaginaire, lui, a parfois un caractère positif, moteur. "Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait !" La politique ne règle pas tout, notre part de responsabilité reste à jouer. Là sont nos marges de créativité.

3.3- Intégrons-nous les Béatitudes de Jésus dans nos projets pour nous-mêmes, nos groupes et la société ? Comment arrivons-nous à prouver par notre vie - au moins parfois - que cet impossible est possible et qu’il n’est donc pas irrationnel ?

3.4- En quoi tout ceci peut-il relancer notre action pastorale ? Sur quelles insistances ?

4. Tant de communication et si peu de relation !

On croyait changer le monde et on a changé de monde ! Mais le Christ et son Évangile nous invitent toujours autant à la rencontre. Et la mine de diamants qu’est l’Évangile, c’est que le vrai message est compris de tous ! "Je te rends grâce, Père, parce que tu as révélé cela aux petits."(Luc 10, 21)

Jamais notre planète n’ a eu autant de moyens de communication. Pourtant la communication entre les êtres semble en panne ! Certains en sont malades, dépressifs, abandonnés à leur solitude, même en couple ou en famille. Les suicides se multiplient, y compris de jeunes et dans les Landes. N’aurions-nous pas confondu la circulation des informations et la communication des personnes ? N’aurions-nous pas confondu la froideur d’une information et la chaleur d’une relation ?

Noyés dans le flot des télévisions, radios, journaux et paroles, n’aurions-nous pas oublié la rencontre de l’autre et des autres ? Et si ce flot d’informations venues de l’extérieur de nous-mêmes nous servait de prétexte pour nous cacher à nous-mêmes nos vies profondes et ce qu’elles deviennent, nos questions vitales, nos désirs et pas seulement nos. besoins ?

4.1- En quoi et comment notre action pastorale favorise-t-elle de vrais dialogues entre les personnes ?

4.2- Dans nos diverses réunions, comment essayons-nous d’accueillir autant « le courant chaud que le courant froid », celui du cœur et celui de l’intellect, celui du bien commun des groupes et de la société et celui du respect délicat des personnes ?

5. L’urgence est en train de nous voler notre avenir.

Dans les Landes comme ailleurs, tout s’accélère. La famille a changé, la fête a changé, le travail a changé, l’avenir a changé. Et tous, nous voudrions tout et tout de suite. L’espace des Landes et de la planète s’est rétréci, mais le temps aussi. Dans un voyage, le transport nous semble déjà du temps perdu, même pour aller de Dax à Mont-de-Marsan ou d’Aire à Mimizan.

L’homme et la femme ne sont-ils pas atteints en eux-mêmes par cette urgence quotidienne qui les dévore par son caractère émotionnel, sourd et profond ? L’urgence nous use. Elle use surtout notre avenir car nous n’avons plus guère le temps de penser à lui. D’ailleurs, il nous fait peur. Et nos choix, individuels ou de sociétés, sont souvent faits en fonction d’une urgence qui nous émeut plus que d’un avenir préparé et pensé.

5.1- Dans nos groupes, conseils, mouvements ou services, au moment des décisions d’actions, nos choix tiennent-ils compte de l’avenir autant que du présent ? de ce qui construit et pas seulement de l’immédiat ?

5.2- Comment pourrions-nous redécouvrir ensemble, en Église, l’espérance qui redonne joie et sens à l’avenir ? Dans cette rude traversée du désert, l’histoire du Peuple de Dieu n’a-t-elle pas beaucoup à nous dire ?

5.3- Dans nos célébrations liturgiques, le temps et le silence ont-ils une place paisible, ou n’y a-t-il qu’une course, fût-elle joyeuse, de paroles et de chants ?

6. L’Évangile est pour tout l’homme.

Évangéliser c’est faire vivre de l’Évangile jusqu’à y découvrir Jésus-Christ. Chaque page d’Évangile est une page de vie. Nous aimons opposer le réalisme et l’intellect, alors que la vie est faite des deux. Les multiples dimensions de l’être humain sont également à ensemencer d’Évangile, l’émotionnel autant que le rationnel, l’affectif autant que le raisonné.

De près ou de loin, nous avons pu être marqués par les "J.M.J" et le dernier passage du Pape à Paris. Que la foule soit passée de 600.000 à minuit à un million à midi est dû vraisemblablement à un énorme choc émotif porté par le succès, la beauté, l’ambiance positive perçus à la télévision. Qui saurait en peser le résultat ? L’Esprit Saint agit aussi dans nos élans émotifs. "Jésus frémit intérieurement et il se troubla" (Jean 11, 33).

Après un an de travail préparatoire à ces J.M.J, tous les responsables ont dit, dans les Landes comme ailleurs : "Tout reste à faire !" Ils savent que la foi est autant affaire de cœur que d’intelligence. Le rationnel est limité, l’émotionnel est ambigu. Mais parfois l’un et l’autre se donnent la main. Par exemple lorsque France QUÉRÉ, théologienne protestante, écrit à propos d’un jeune homme en pleine désespérance :"S’il était une femme, il saurait qu’un sourire d’enfant règle la question du non-sens." ("Le Sel et le Vent", Bayard-Editions, p. 101).

La place de l’émotion grandit dans le christianisme contemporain comme elle grandit dans nos sociétés qui se croyaient définitivement réglées, organisées, ordonnées. C’est un sursaut de l’homme et de la femme mutilés par la rationalisation et la spécialisation. C’est une recherche de reconnaissance, de convivialité, probablement aussi de bonheur et d’identités collectives. Tout ce qui manque tant à nos vies quotidiennes. Mais le XIXème siècle est fini et le XXème le sera bientôt. Peut-être est-il temps de marcher sur nos deux pieds.

6.1- Dans nos réflexions, cherchons-nous à repérer les dérapages actuels (dont un exemple pourrait être celui qui tend à confondre l’esprit d’accueil envers les homosexuels et la justification morale de l’homosexualité) ?

6.2- Dans nos bilans d’activités pastorales, avons-nous repéré à la fois ce qui relève de la sensibilité ("c’était formidable, c’était impressionnant" ... ), et ce qui relève d’un approfondissement du contenu de la foi ? Car vient aussi le moment où la rationalité balaye les élans de la sensibilité religieuse.

6.3- Dans nos relations individuelles ou de groupes avec des personnes en difficulté psychologique, sociale ou financière, cherchons-nous à faire preuve d’autant de compétence que d’amour ? Car l’amour sans compétence peut n’être qu’un alibi plus facile que nous ne le disons.

6.4- Dans nos rassemblements paroissiaux ou de services ou de mouvements, cherchons-nous quelle symbolique mettre en jeu, quel signe poser, qui parlent aux yeux, au cœur et à la tête ?

Travaillons à réconcilier le cœur et la raison. En nous, dans la société, dans notre foi et dans l’Église. Progressons joyeusement en ce temps qui nous est donné « jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude. Ainsi nous ne serons plus des enfants ballottés, menés à la dérive, à tout vent de doctrine, joués par les hommes et leur astuce à fourvoyer dans l’erreur. Mais, confessant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tous égards vers celui qui est la tête, Christ. » (Éphésiens, 4, 13- 15).

La CERCA
le 23 septembre 1997

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