Diocèse d’Aire-et-Dax
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Mardi 11 septembre 2001

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  • 3 décembre 2009
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Attentats à New-York, Washington...
date historique, date symbole

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Certains commentateurs l’ont comparée à la journée funeste de l’attaque de Pearl Harbour, qui a entraîné les USA dans la seconde guerre mondiale.

On pourrait aussi la comparer à une autre date symbole, celle du jour de la chute du mur de Berlin : dans la joie à l’époque, dans la douleur aujourd’hui, on a pu sentir bouger les grands équilibres du monde. Et pratiquement en direct !

Les affrontements ne sont pas nouveaux ; l’être humain est, sur ce point, toujours le même. Ce qui est nouveau, par contre, c’est qu’une poignée de fanatiques peut frapper une grande puissance en retournant contre elle sa propre technologie. Ce qui est nouveau, c’est que les pays les plus puissants du monde savent – dramatiquement – qu’ils sont aussi vulnérables. Et nous avec !

Un nouveau visage de l’humanité se dessine sous nos yeux : de nouveaux rapports de force, de nouvelles solidarités aussi. Par delà l’inévitable riposte (mais quelle sera-t-elle ? avec qui ? avec quelles conséquences ?), quelle sera l’attitude des USA ? de l’Europe ? des autres puissances ?

Beaucoup disent que, désormais, rien ne sera plus comme avant. Faut-il s’en inquiéter, ou s’en réjouir ? Ce drame nous fait toucher du doigt à quel point nous sommes concernés par ce que vivent des êtres humains à des milliers de kilomètres de nous. Nous sommes concernés par ces milliers d’innocents massacrés aux USA. Nous le sommes aussi par les massacres moins médiatisés, mais parfois plus meurtriers, un peu partout dans le monde. Nous le sommes aussi par l’ensemble des conditions qui ont fait germer et grandir le terrorisme.

Dans cette gigantesque affaire, bien des choses se décident sans nous. Mais il y a des menaces qu’il nous faut affronter directement, ici-même, parfois en nous-mêmes :

- la première est celle de la peur. Le martèlement des images et des mots peut produire durablement de la peur, une angoisse diffuse, l’impression qu’une épée de Damoclès menace constamment nos vies. Beaucoup d’écoles se sont préoccupées de l’impact de ces événements sur les enfants et les jeunes. Et avec raison. C’est un travail à poursuivre. Cette peur peut aussi sommeiller – ou se réveiller – en nous, adultes. Et la peur produit des effets pervers, comme des attitudes de violence et d’intransigeance. La peur pousse naturellement à vouloir désigner un coupable, …

- d’où cette autre menace, celle de se trouver facilement un coupable sur mesure, de découper le monde, encore une fois, en deux camps, celui du bien et celui du mal. Et l’on parle aujourd’hui du combat des démocraties contre "les autres", du "Nord" contre le "Sud", d’une civilisation contre une autre… Et les mots dérapent : on reparle de "croisade" ! Certains voudraient y voir une nouvelle guerre de religions. Ce manichéisme et ce simplisme sont extrêmement dangereux !

- car la violence raciste trouve ici sa nourriture idéale. Et c’est la même qui nourrit aussi les fanatismes meurtriers. Déjà, chez nous dans les Landes, des réactions xénophobes se sont exprimées. Heureusement, les solidarités et les paroles d’apaisement se sont aussi fait entendre. Mais la vigilance est nécessaire : si, dans nos pratiques et dans nos esprits, le monde se coupe en deux camps opposés, alors les terroristes auront gagné la partie.

Les vraies solutions, les solutions durables, sont infiniment plus complexes : elles obligent à regarder en face l’ensemble des responsabilités, pour trouver non seulement les vrais responsables, mais aussi et surtout les vraies racines du mal, les vraies causes (religieuses, idéologiques, économiques, politiques…). Tant que cet immense travail de justice et de vérité n’aura pas été accompli, la violence renaîtra toujours.

L’horreur de ces attentats récents nous a tous fait réagir… mais aussi réfléchir. Le choc a provoqué d’immenses élans de solidarité dans le monde entier, et cela mérite d’être souligné. Il a amené bien des personnes à se recentrer sur l’essentiel, à faire la part du futile et de l’important. Ce choc peut aussi ouvrir sur de nouvelles perspectives, d’autres manières de vivre les rapports entre les peuples, les relations internationales.

L’Évangile nous rappelle avec force deux choses :

Dieu ne nous appartient pas. Cela veut dire qu’on ne peut en faire le complice de nos violences et de nos vengeances. On a trop souvent "sacralisé" nos violences pour les justifier, au nom de Dieu, ou d’une idéologie, ou d’une émotion forte.

Nous avons à être témoins de l’espérance en refusant la fatalité du mal et de l’escalade de la violence. Et ce travail commence ici, maintenant, en nous. Dieu n’est pas dans la violence destructrice, il est dans la force et le courage de celles et ceux qui construisent et reconstruisent sans cesse ce monde, pour que nous puissions tous y vivre ensemble dans la justice et la solidarité, conditions de toute paix.

La CERCA
Lundi 17 septembre 2001

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