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          Les Journées du Patrimoine 2008 à Saint-Pierre-du-Mont

Les Journées du Patrimoine 2008 à Saint-Pierre-du-Mont

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  • 28 septembre 2008
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- Les Journées du Patrimoine 2008 à Saint-Pierre-du-Mont

Pour les Journées européennes du Patrimoine , axées en 2008 sur le thème « Patrimoine et création », la Commission d’Art Sacré des Landes associée au Relais paroissial de Saint-Pierre et aux Amis de l’Orgue et de la Musique, organisait une nouvelle exposition dans l’église Saint-Pierre-du-Mont (40).

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Intitulée "Figures de Marie", cette exposition réunissait, autour de la Vierge en bois polychromé (XVIII° siècle), des oeuvres modernes du XX° et contemporaines (début XXI° siècle) :

Etaient présentées - souvent pour la première fois- des oeuvres d’artistes ayant participé, entre les deux guerres, au renouveau de l’art religieux ( les «  Ateliers d’Art Sacré  », et les groupes de «  l’Arche  » ou «  Art et Louange  ») :
Marie-Mélanie BARANGER, André TREBUCHET, Henri CHARLIER, Simone FROMENT, Elisabeth et Gabrielle FAURE, Fernand PY...
Des artistes actuels étaient également présents à travers quelques unes de leurs œuvres récentes :
Lydie ARICKX, Jean-Pierre LATAPPY, Jean-Pierre ETCHEMAïTE, Laurence EGLOFF, Marie BOUTET.
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Simultanément, l’ Association des Amis de l’Orgue et de la Musique de Saint-Pierre-du-Mont , proposait des concerts au cours de ces Journées. Les concerts du samedi 20 septembre par Philippe CARRERE (titulaire du grand orgue de Saint-Pierre), ont pour objet, non seulement de faire découvrir de la musique d’orgue, mais aussi de mettre en valeur les qualités de l’instrument construit par le facteur d’orgue Bernard RAUPP de Mirande (Gers), inauguré en octobre 2000 ; un bel instrument de trente jeux réels à transmission mécanique, doté d’un Positif de huit jeux, d’un Grand Corps comprenant en son centre le Grand Orgue de dix jeux, de quatre jeux de pédales, d’un Récit de huit jeux, de trois claviers de 56 notes et d’un pédalier de 32 notes.
Cet instrument permet d’aborder un vaste répertoire musical, allant du XVIe au XXe siècle.
Le concert du dimanche 21 septembre regroupait des pièces de compositeurs modernes pour la voix ou l’orgue par l’ensemble « De Vive Voix », ainsi que des textes de Paul Claudel lus par deux comédiennes du Théâtre des Lumières : Laurence NIEDZWIECKI et Lise HERVIO :
Extraits de « Tête d’Or », « l’Annonce faite à Marie », « l’Echange », etc.

- Sur la rénovation de l’art religieux en France, après la « Grande Guerre » (1914-1918).

En janvier 1937, le Père dominicain Marie-Alain Couturier écrivait dans la revue L’Art Sacré : « Nous voulons… protéger la renaissance, encore fragile, de l’art chrétien contre les dangers qui la menacent et qui tiennent à ses conditions spirituelles comme à ses conditions matérielles… ». Depuis les dernières décennies du XIXe siècle, en effet, l’Eglise Catholique (en France et plus généralement en Europe) avait vu fleurir un art religieux art « religieux », dit « de Saint-Sulpice », avait envahi les églises et se diffusait massivement dans les pays de mission. Pour comprendre l’art religieux de cette époque, il faut se rappeler le phénomène quantitatif majeur qui porta la population de l’Europe de cent quatre-vingt sept millions (début du XIXe s.) à quatre cent vingt millions en 1900. En France le dernier quart du XIXe siècle vit une multiplication extraordinaire des églises, en dépit de l’ambiance anticléricale. Les énormes besoins en construction et en décoration qu’il fallait satisfaire dans un court délai avec des moyens modestes expliquent largement cet engouement pour l’art « Saint-Sulpice ». Clercs ou religieux, peu au fait des questions artistiques, étaient tentés par les catalogues d’objets de culte fabriqués en série, peu onéreux, en raison aussi des nouvelles techniques d’impression qui multipliaient les « images ». C’est en réaction à cette situation qu’un certain nombre d’écrivains (Claudel, Huysmans) et d’artistes (Maurice Denis, Georges Desvallières), suscitèrent par leurs écrits la création d’ateliers d’artistes très actifs, au moins jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale.

- Sur les groupements d’artistes de la première moitié du XXe siècle.

Les tensions très importantes entre l’Eglise de France et la République – dont le point culminant fut la loi de séparation de 1905 – se trouvèrent très apaisées après la Première Guerre Mondiale. C’est alors que se constituèrent divers groupements d’artistes et d’ateliers. Avant cela, cependant, s’était reconstituée en 1872 la « Société de Saint Jean », héritière de la Confrérie de Saint-Jean fondée en 1839 par le Père dominicain Lacordaire et reconnue d’utilité publique en 1898, qui s’intéressait à toutes sortes de sujets (musicographie, archéologie, histoire de l’art).

Un autre groupement d’artistes, vaste et un peu flou, fondé en 1909 mais qui prit de l’importance après la Première Guerre, était les « Catholiques des Beaux-Arts », un « groupement corporatif moral et religieux » qui recherchait l’esprit des anciennes maîtrises. Il regroupa plusieurs centaines d’architectes, peintres, sculpteurs, artisans du bois et du métal etc. et il ouvrit une section féminine en 1926.

Le groupement le plus célèbre fut celui des « Ateliers d’Art sacré » de Maurice Denis (1870-1943) et Georges Desvallières (1861-1950). Engagé dans la modernité du temps de sa jeunesse, Maurice Denis évolua par la suite vers une peinture fortement inspirée de classicisme. Il précisa sa position dans les Nouvelles Théories , publiées en 1922 et il marqua profondément ses élèves, ainsi que le montre le bel article que malgré ses réserves, le Père Couturier lui consacra en décembre 1937 dans l’Art sacré : « Nous étions encore tout près de nos vingt ans. Denis nous ouvrait le monde des couleurs et des lignes... Il était pour nous toute la peinture moderne, sa jeunesse, sa liberté... Les Ateliers d’Art sacré, qui ouvrirent leurs portes à l’automne 1919, tentaient de réactualiser les confréries médiévales et les corporations. Ils étaient à la fois un milieu de vie et un lieu de formation artistique ; on y étudiait l’Ecriture, la liturgie, les sciences religieuses, les œuvres des grandes époques. Ils proposaient, outre l’atelier de dessin et de peinture, des cours de reliure et de dorure, broderie et chasublerie. Parmi les artistes qui fréquentèrent les Ateliers, certains firent ensuite une carrière personnelle, plusieurs entrèrent dans les ordres. Les Ateliers reçurent trop peu de commandes et en 1947, ils durent fermer leur porte. Cette disparition était significative de l’état d’inculture artistique des milieux d’Eglise. Le clergé avait trouvé Denis et Desvallières dangereusement « modernes », et faute de commandes et d’émulation, les Compagnons avaient végété ou étaient partis.

Quelques petits groupes gravitaient autour des Ateliers, travaillant de façon autonome et parfois s’intégrant aux Compagnons à l’occasion d’un chantier.
Parmi eux, « l’Arche » fut un groupe très homogène qui comprenait principalement les architectes dom Bellot et Maurice Storez, le peintre-verrier Valentine Reyre, et les sculpteurs Henri Charlier et Fernand Py. Dom Bellot et Charlier marquaient fortement l’exigence de séparation du « sacré », ils affirmaient le primat d’une vie contemplative pour l’artiste, le dédain des fluctuations de la mode, la rupture avec l’agitation d’une vie artistique, le retour aux tâches réelles, en-dehors de tout battage et en communion avec le « peuple fidèle ». Dans les réalisations particulièrement heureuses du groupe, il faut signaler à Audincourt l’église de l’Immaculée Conception construite en 1927, la première église « moderne » du diocèse de Besançon.
Dans les autres groupes notables, il faut citer les « Artisans de l’Autel », constitués en 1919, de spiritualité franciscaine, qui se consacrait aux objets du culte et comprenait des artisans, des ouvriers d’art et des décorateurs , et plusieurs ateliers de verriers. Les trois plus remarquables, qui travaillaient de manière plus ou moins indépendante des Ateliers d’Art sacré, furent celui de Marguerite Huré, initié dès avant la Première Guerre ; celui de Louis Barillet qui travaillait en équipe avec Théodore Hanssen et Jacques Le Chevallier celui enfin, fondé en 1923, de Jean Hébert-Stevens, son épouse Pauline Peugniez, venus des Ateliers d’Art sacré, et leur ami André Rinuy. Cet atelier familial s’adjoignit Paul Bony et son épouse Adeline (née Hébert-Stevens), et dans les années 1940 Jacques Bony, frère de Paul.

- A propos de « Art et Louange »

Marie Baranger, fresquiste et peintre, venue elle aussi des Ateliers fut avec son frère, à l’origine de la création du groupe « Art et louange » qui se spécialisa dans le travail des missions, avec une attitude très novatrice : contacts avec des artisans locaux, pour susciter une production d’œuvres (destinées au culte) en rapport avec la sensibilité et la culture des populations du lieu, mise en valeur de leurs travaux. Marie Baranger fut chargée en 1950 par le Saint-Siège d’organiser la section d’« art missionnaire » dans l’exposition d’art sacré de l’Année Sainte. Elle fut par ailleurs une excellente fresquiste, ainsi qu’on peut le constater dans les œuvres qu’elle produisit durant la Seconde Guerre, dans diverses églises landaises.

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