Diocèse d’Aire-et-Dax
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Évangéliser par le mime

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  • 31 mai 2012
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Le mime : un moyen d’expression original


- Le mime est un moyen d’expression original ; est-ce pour cela que vous l’avez choisi comme moyen d’évangélisation ?
Père Éric Lestage : En fait, au départ, je n’ai pas choisi le mime comme moyen d’évangélisation. Je faisais du mime. Cela m’avait été transmis par le Père Francis Dumoulin, qui était prêtre et clown à Seignosse et qui nous avait fait participer à un grand spectacle : Ta parole nous fait porteparole, à la fin du Synode des Landes, en 1991. Au fur et à mesure que j’ai avancé, j’ai compris que je pouvais essayer de faire du mime à partir de la Bible. J’ai commencé pour les enfants. Le déclic total a été, avec le Père Vincent Nalis, en l’an 2000, pour le jubilé des enfants au parc de Nahuques, où j’ai fait un mime avec 2000 enfants, sur les pèlerins d’Emmaüs. J’ai pu ainsi faire du mime biblique avec des enfants, en leur permettant d’imiter ce que je faisais, sans aucun entraînement.

- Qu’est-ce qui vous a poussé à faire du mime ?
Au départ, je voulais être clown. J’ai donc cherché à faire des stages de clown tout en étant au séminaire. J’ai fait un stage de gestuelle en lien avec un élève de Monsieur Marceau, qui était notre professeur, et l’art du mime est venu en moi à partir de ce stage. Puis, je me suis formé à l’École Marceau à Paris. C’est à partir de cela que j’ai fondé une école de mime à la paroisse de La Madeleine (Montde-Marsan), en 1992, et ça ne s’est jamais arrêté pendant 19 ans. Cette troupe de mime s’appelle Les Fous du Roi.

- Qu’est-ce que cela vous apporte ?
Le mime a été pour moi un art qui m’a beaucoup calmé. Je crois qu’il m’a aidé dans beaucoup de mes réactions et particulièrement dans ma violence. Le mime biblique imprime des évangiles dans mon corps, il me permet de mieux les approfondir et de recevoir la parole de Dieu dans mon corps. Un prêtre, c’est quand même un prédicateur, c’est quelqu’un qui utilise beaucoup la parole. Jésus est la parole de Dieu. Alors, entrer dans le silence, c’est une autre étape.

- Quel est votre meilleur souvenir ?
C’était à Calcutta en 2002, je crois. Nous étions partis, avec la troupe de mime, pour faire des spectacles. À Delhi, nous avons rencontré des enfants. Au départ, j’y allais pour distribuer des vêtements et ils m’ont demandé si je pouvais faire du mime.
Comme j’étais avec Pascal, mon ami violoniste, ils étaient aussi intéressés par la musique. Ils ont réuni tous les enfants de l’orphelinat devant nous et nous avons fait un mime sur les métamorphoses ; celle qui les a beaucoup marqués fut celle du singe.
Je n’avais aucun costume et je reste persuadé qu’à un moment donné, ils ont vu un singe s’approcher d’eux.
En fait, par le mime, j’essaye d’approcher les enfants, surtout les 7-11 ans, parce que, pendant cet âge-là, ils retiennent le plus et sont vraiment très touchés par une histoire. C’est comme si l’histoire s’inscrivait dans leurs corps.

Propos recueillis par le Père Jean-Bernard Labeyrie

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