Diocèse d’Aire-et-Dax
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Bon vent dans les branches de sassafras... !

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  • 17 février 2015
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Qu’est-ce que le sassafras ? Lire…
Qui est René de Obaldia ? Lire...
Telles sont les questions que vous vous posez sans doute en découvrant l’affiche proposée cette année par la Troupe Maïti Girtanner du Lycée Saint-Jacques-de-Compostelle à Dax !


Soyez rassurés, l’histoire, vous la connaissez tous déjà ; les personnages qui vont évoluer sur la scène de l’Atrium vous sont aussi familiers que ceux de la Commedia dell’arte : Scapin, Scaramouche, Colombine, Pantalon... ; ici le Shérif, le beau Ténébreux, la Sauvageonne, le Patriarche vert, le Médecin ivrogne, la Respectueuse au grand cœur, le Bon et le Mauvais Indien, la Maîtresse femme : c’est un western que René de Obaldia a imaginé pour la scène. Les héros du cinéma hollywoodien vont évoluer devant vous ce soir. Et ce ne sont pas des marionnettes ! Non seulement ils ont un corps, puisque nous sommes au théâtre, mais ils ont aussi un cœur : ils se déchirent, ils aiment, ils souffrent, ils espèrent... Deux heures de bonheur pour les enfants que nous sommes !

Mais René de Obaldia est un enfant terrible. Il n’a pas résisté à la tentation de brouiller les pistes. Son scénario est parsemé de surprises, de clins d’œil parodiques. La pièce oscille entre l’hommage aux grands classiques du cinéma et la dérision, le goût de l’aventure et l’humour au second degré, l’épopée cynique et pure, et l’irrévérence. Certains éléments sont même une parodie de la Tragédie : la règle des trois unités destinées, selon les Classiques, à donner l’illusion du réel et à renforcer l’efficacité dramatique, remplace la fresque épique et les larges horizons du western traditionnel ; quoique les bienséances n’y soient pas toujours, hélas, respectées, un récit en alexandrins dans la plus pure tradition racinienne vient offrir un contraste plaisant avec la rudesse générale des propos ; ailleurs, tel passage mélodramatique côtoie la peinture de mœurs nettement moins policées que les nôtres... Bref, c’est un mélange cocasse, drôle et imprévu, une poésie et une fraîcheur à mi-chemin entre Queneau et Rabelais, un travail sur le langage et un humour noir dignes des surréalistes.
Pour aller plus loin...

Mais j’en dis trop. Susciter trop d’attentes, c’est prendre le risque de décevoir... Et pourtant, que de promesses dans cette humble maison du vieux pionnier Rochefeller perdue dans les grands espaces du Kentucky ! Retenez votre souffle... Bientôt un drame américain va se jouer... Bientôt, dans la nuit, vont s’élever les chants indiens mêlés aux cris des chats-huants... Alors bonne soirée et bon vent soufflant dans les branches de sassafras !

Nous dédions cette soirée à la marraine de notre troupe, Maïti Girtanner, pianiste, résistante, Chevalier de la Légion d’Honneur, professeur de philosophie, membre des Fraternités Dominicaines, décédée le 28 mars 2014.

Gérard Lavayssière


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