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      Bienheureuse Marguerite Rutan

Bienheureuse Marguerite Rutan

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  • 7 avril 2013
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Vie de notre bienheureuse landaise, Marguerite Rutan, sœur de la Charité. Première supérieure de l’hôpital de Dax, elle fut guillotinée le 9 avril 1794.


Histoire de Sœur Marguerite Rutan (1736-1794)

Enfance

Marguerite Rutan naît à Metz en Lorraine, le 23 avril 1736, dans une famille modeste. Elle est la 8e de 15 enfants. Son père est tailleur de pierre, maître maçon, architecte. Sa mère, profondément chrétienne, donne à chacun de ses enfants une éducation religieuse sérieuse et l’exemple d’une vie toute donnée.

Son noviciat et ses 1ères missions

Le 23 avril 1757, jour anniversaire de ses 21 ans, elle commence son noviciat à la maison mère des Filles de la Charité à Paris. Se succéderont ensuite de nombreuses missions, dans l’esprit de saint Vincent de Paul : « Il ne faut s’attacher ni aux endroits, ni aux fonctions, ni aux personnes ».

Supérieure de l’hôpital de Dax, pionnière de l’action sociale 1779 – 1794

Mgr de Suarez d’Aulan, évêque de Dax, demande aux Filles de la Charité de prendre en charge le nouvel hôpital Saint Eutrope. Elles arrivent à sept en 1779 avec à leur tête, Sœur Marguerite Rutan. La nouvelle supérieure organise tous les aménagements et services. En 1789, une 8ème sœur arrive, Soeur Anne Sophie Charpentier, nièce de la Supérieure. Elle restera 42 ans à Dax jusqu’à sa mort en 1831. Elle sera le témoin privilégié des événements de 1793-94. Soeur Rutan devient rapidement pionnière de l’action sociale :

  • ouverture d’une école,
  • accueil des filles abandonnées...

Les initiatives de Sœur Rutan la rendent très populaire et les Sœurs de l’hôpital sont aimées de la population dacquoise.

L’évêque de l’époque, Mgr Le Quien de Laneufville réunit les hôpitaux de Dax en un seul : celui du Saint-Esprit au Bas Sablar et celui de Saint-Eutrope (aujourd’hui hôpital thermal).
Les constructions à peine terminées, Sœur Rutan aménage les services. Elle fait construire des greniers à l’aile nord, fait prolonger l’aile sud et, surtout, elle fait construire la chapelle dans la cour intérieure de l’hôpital, chapelle que l’on voit encore aujourd’hui.

Soeur Marguerite Rutan, martyre de la Révolution

Après la suppression des ordres religieux, les sœurs de saint Vincent de Paul changent leur nom en celui de dames de la Charité et continuent avec le même dévouement le service des pauvres.
Le 3 octobre 1793, les religieuses eurent à choisir : prêter serment à la Constitution ou être expulsées ? Toutes refusèrent de jurer.

Les services qu’elles rendaient aux pauvres et aux malades de la ville étaient tels qu’on n’osa pas tout d’abord demander leur renvoi. La Terreur cependant, s’était installée à Dax : la maison des Capucins et celle des Carmes avaient été transformées en prison.

En 1792, les sœurs sont accusées de vol et, en 1793, Soeur Rutan, finalement dénoncée, est emprisonnée la veille de Noël. Sœur Marguerite fut accusée d’avoir « par son incivisme, cherché à corrompre et à ralentir l’esprit révolutionnaire et républicain » (des militaires en traitement à l’hôpital) et fut envoyée à la maison de réclusion des Carmes. Le 8 avril, la commission extraordinaire fit comparaître la religieuse, ainsi que le père Jean Eutrope de Lannelongue, curé de Gaube et prêtre réfractaire. Elle est condamnée à mort par le tribunal révolutionnaire le 20 germinal an II, le 9 avril 1794 et guillotinée le même jour.

Marguerite chanta le Magnificat dans sa marche vers l’échafaud, repoussa le bourreau en disant « Aucun homme ne m’a jamais touchée », puis ôta elle-même son mouchoir de tête et ses fichus de cou.


La guillotine se trouvait place Poyanne, rebaptisée place de la Liberté, aujourd’hui Place Thiers.

On la fit monter sur une charrette, avec un prêtre, Jean Eutrope Lannelongue. La religieuse et le prêtre étaient liés dos à dos.


Le prêtre fut exécuté le premier, sous les yeux de Sœur Rutan, leurs corps furent jetés dans une fosse commune au cimetière des capucins.

Un témoin au procès diocésain de 1907-1909 : "Ma conviction est que Sœur Marguerite Rutan mourut martyre au sens strict et juridique du mot, elle fut mise à mort en haine de la religion et elle accepta cette mort par amour de Dieu ."

Un an plus tard, le Directoire le regrettera : " La commune de Dax regrettera longtemps cette femme vertueuse qui, par caractère tenant à son opinion religieuse, a été inhumainement sacrifiée sur des motifs dont la preuve reste encore à acquérir ".

Le 9 avril 1905, date anniversaire de son exécution, un acte civil solennel de réparation fut adressé pour la respectable victime.

Le jeudi 1er juillet 2010, le pape Benoît XVI a autorisé la publication du décret du martyr en haine de la foi de Marguerite Rutan. Cette décision, attendue depuis plus d’un siècle, est la dernière étape avant la béatification qui a été célébrée à Dax, le 19 juin 2011.

Exposition « Sœur Marguerite Rutan, Fille de la Charité et supérieure de l’hôpital de Dax, 1736-1794 »

Une exposition présente une riche documentation sur la vie de Sœur Marguerite Rutan, comme supérieure de l’hôpital de Dax.

Constituée de documents pour l’essentiel inédits, cette exposition donne à voir des lieux, des objets ou des documents qui faisaient partie de son environnement quotidien.
Elle se compose de huit panneaux qui proposent des éléments biographiques, des extraits d’ouvrages, des documents conservés aux Archives départementales des Landes et des photographies.

  • Le panneau n°1 présente le titre de l’exposition et résume la vie de Sœur Rutan jusqu’à son arrivée à Dax.
  • Le n° 2, « Fille de la Charité », présente cet Ordre religieux.
  • Les panneaux n° 3 et n° 4 sont consacrés à la vie à l’hôpital (« Un hôpital modèle » - « Ils n’avaient été dans aucun hôpital aussi bien traités »).
  • Le n° 5, « L’ouvrage de la chapelle », est consacré à cette réalisation majeure de Sœur Rutan.
  • Les panneaux n° 6 et n° 7 (« Les années tragiques de la Révolution » - « La condamnation et la mort »), sont consacrés aux années difficiles.
  • Le panneau n° 8 : « Vers la béatification », en retrace les différentes étapes.
  • Panneaux (84 cm de large x 118,8 cm de haut) sont rigides, légers (carton plume épais de 1 cm), pelliculés, et munis de crochets

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